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Liban

Bou Faour qualifie l’attitude de l’opposition de « nouveau putsch politique »

Les réactions à la décision du Tribunal spécial pour le Liban de libérer les quatre généraux qui étaient détenus dans l'affaire de l'assassinat de Rafic Hariri se sont multipliées au cours du week-end dernier, les milieux de l'opposition s'en prenant ouvertement aux magistrats libanais, alors que d'autres responsables ont souligné leur opposition à toute atteinte à la justice libanaise.
Prenant la parole au cours d'un meeting électoral à Rachaya, le ministre Waël Bou Faour a vivement critiqué « ceux qui veulent exploiter la décision du TSL de libérer les quatre généraux en érigeant une tribune politique pour diriger des attaques contre la justice libanaise, les services de sécurité et les fondements de l'État et ses institutions ». « Nous rejetons ces propos qui seront contrés par les forces du 14 Mars », a souligné M. Bou Faour. Qualifiant la position exprimée par l'opposition, en général, et par Jamil Sayyed, en particulier, de « nouveau putsch politique », le ministre joumblattiste a déclaré : « Nous ferons face à une telle insurrection, tout comme nous l'avons fait lorsqu'ils ont encerclé le Sérail ou lors de l'insurrection du 7 mai 2008. »
De son côté, le député Jamal Jarrah a affirmé que le processus de la justice se poursuivra, soulignant que le sang des martyrs versé n'aura pas coulé pour rien. « Nous ne baisserons les bras que lorsque les criminels iront à La Haye », a-t-il déclaré.
Le ministre des Transports, Ghazi Aridi (PSP), a critiqué pour sa part les déclarations « d'un camp politique qui lance des accusations politiques et émet des jugements en prétendant détenir la vérité ». « Cette attitude nous conduira inéluctablement à plus de déstabilisation dans la vie politique libanaise », a-t-il affirmé.
Commentant l'appel du camp du 8 Mars à demander à la justice une reddition des comptes, le ministre d'État Jean Oghassabian a affirmé qu'il refusait le recours aux « menaces et à l'intimidation », insistant sur la nécessité de respecter la séparation des pouvoirs. « Il ne revient pas aux politiques de demander des comptes à la justice qui doit elle-même assumer cette responsabilité », a-t-il ajouté.
Lors d'un meeting électoral organisé à Batroun, le député Boutros Harb a dénoncé pour sa part l'attaque visant l'ensemble du corps judiciaire et des institutions de l'État, affirmant que la justice devrait « mettre un terme » à un tel comportement.
Mettant en garde de son côté contre le « retour du régime sécuritaire syrien » avec la libération des officiers, le député Antoine Zahra (Forces libanaises) a établi un parallèle entre les conditions de détention au Liban et celles qui prévalent en Syrie où se trouvent encore des détenus libanais. Et M. Zahra de souligner que la libération des généraux ne modifiera pas « notre opinion sur leur responsabilité au sein du système sécuritaire ».
Quant au général Jamil Sayyed, il a affirmé hier que
« celui qui intente un procès devant la justice libanaise est celui qui a la plus grande foi dans le système judiciaire », précisant que les critiques qu'il a exprimées ne s'adressent pas à l'ensemble du corps judiciaire, « mais à certains de ses magistrats qui ont été nommés ».
Précisant qu'« il ne faut en aucun cas induire en erreur les gens », M. Sayyed a déclaré que « l'arrogance » était d'autant plus déplacée dans ce contexte qu'une « erreur a été commise par certains juges qui, a-t-il dit, ont agi de manière scandaleuse pour l'image du Liban au plan international ». « D'où la nécessité de leur demander des comptes », a-t-il affirmé en réitérant sa suggestion d'être présent à la réunion du Conseil supérieur de la magistrature, mardi prochain, s'il y est invité, pour expliquer ce qui s'est passé.
S'adressant ensuite au Premier ministre, Fouad Siniora, il l'a appelé à revoir la missive qu'il lui avait adressée de son lieu de détention et dans laquelle il l'informe de la plainte portée contre son gouvernement, qu'il a déposée « auprès de la justice libanaise, en laquelle je crois profondément », a-t-il insisté.
M. Sayyed a par ailleurs indiqué que selon des informations qui lui sont parvenues, le procureur général Saïd Mirza se prépare à quitter le pays en direction de Karlovy Vary, en République tchèque, et qu'il n'assistera pas par conséquent à la réunion du CSM.
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