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Liban

Août 2005-avril 2009 : les quatre généraux passent de l’ombre à la lumière…

Le 30 août 2005, le Liban était sous le choc. Une atmosphère pesante régnait sur Beyrouth où les services de l'ordre craignaient les retombées de l'arrestation des quatre généraux Jamil el-Sayyed, Moustapha Hamdane, Ali el-Hajj et Raymond Azar, sur la base d'une recommandation du président de la commission d'enquête internationale de l'époque, le juge Detlev Mehlis. Le « régime sécuritaire » vilipendé par la révolution du Cèdre était ainsi décapité et les doigts accusateurs pour l'assassinat de Rafic Hariri étaient pointés vers les généraux. Le 29 avril 2009, l'incroyable s'est produit. Le juge de la mise en état du Tribunal spécial pour le Liban, Daniel Fransen, a, au cours d'une séance solennelle retransmise par les médias, statué sur la requête du procureur du tribunal, Daniel Bellemare, dans laquelle il demandait la remise en liberté des quatre généraux. Les mots sont tombés, clairs, de la bouche du juge belge : « Le juge de la mise en état ordonne, s'ils ne sont pas détenus pour une autre cause, la mise en liberté des quatre généraux libanais. » Les familles des généraux n'ont plus entendu la suite des explications, laissant éclater leur joie devant les caméras de télévision. Des tirs ont d'ailleurs retenti dans la banlieue sud de Beyrouth et dans certains quartiers de la capitale proches du domicile de l'ancien directeur de la Sûreté générale Jamil el-Sayyed...
Le juge de la mise en état, qui prépare les affaires avant qu'elles ne soient jugées, se prononçait ainsi sur une requête que lui avait adressée lundi le procureur du TSL, le magistrat canadien Daniel Bellemare, et dans laquelle il réclamait une remise en liberté avec « effet immédiat ».
Aussitôt, le ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud a tenu une réunion d'urgence à son ministère en présence du procureur général de la République, Saïd Mirza, et du directeur général des FSI, le général Achraf Rifi, pour étudier les modalités d'application de la décision du TSL
Il faudra quand même attendre près de trois heures pour que les formalités administratives soient achevées et c'est vers 18h que les quatre généraux ont quitté la prison de Roumié sous les flashes des photographes. À part le général Hamdane qui est monté à bord d'une voiture qui lui avait été envoyée par l'ancien président de la République Émile Lahoud, les autres généraux ont été emmenés par l'unité des FSI chargée de la sécurité des ambassades et escortés à leurs domiciles respectifs.
Leurs familles les attendaient dans une impatience pleine d'émotion. Le général Hamdane, dont la mère était décédée pendant sa détention et qui avait été interdit d'assister à son enterrement, a annoncé qu'il allait enfin pouvoir recevoir les condoléances de ses proches et amis pour ce décès. Avant de se rendre à son domicile, il s'est d'ailleurs recueilli sur sa tombe. Le général Ali el-Hajj, dont l'épouse Samar avait fait preuve d'un grand courage et de beaucoup de pugnacité dans la défense de son époux, a déclaré que le TSL leur a rendu justice et que cette décision restera une tache dans l'histoire de la justice libanaise. Il a aussi annoncé être prêt à reprendre du service, ayant encore cinq années avant la retraite. « Je reporterai l'uniforme des FSI, comme l'avait fait mon père. Cette institution appartient à tous les Libanais », a-t-il ajouté.
Le général Raymond Azar, qui avait eu des problèmes de santé pendant sa détention, a affirmé que cette liberté était un droit et qu'il n'a jamais douté du fait qu'il sera reconnu un jour. Il a rendu hommage à la justice internationale qui a levé l'injustice qui le frappait avec ses compagnons. Mais le discours le plus percutant a été prononcé par le général Jamil el-Sayyed accueilli en véritable héros par une foule nombreuse autour de son domicile à Jnah (lire par ailleurs).
Les personnalités, surtout de l'opposition, n'ont cessé de défiler chez les quatre généraux et le Hezbollah avait envoyé des représentants chez chacun d'eux. Le secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, les avait, dans un de ses discours, qualifiés d'otages...
La première soirée de liberté après trois ans et huit mois de détention a donc été consacrée aux retrouvailles familiales et amicales. Mais c'est à partir d'aujourd'hui que les questions vont se poser : quelles seront les retombées locales de la décision du TSL ? Toutes les analyses sont permises.
Le 30 août 2005, le Liban était sous le choc. Une atmosphère pesante régnait sur Beyrouth où les services de l'ordre craignaient les retombées de l'arrestation des quatre généraux Jamil el-Sayyed, Moustapha Hamdane, Ali el-Hajj et Raymond Azar, sur la base d'une recommandation du président de la commission d'enquête internationale de l'époque, le juge Detlev Mehlis. Le « régime sécuritaire » vilipendé par la révolution du Cèdre était ainsi décapité et les doigts accusateurs pour l'assassinat de Rafic Hariri étaient pointés vers les généraux. Le 29 avril 2009, l'incroyable s'est produit. Le juge de la mise en état du Tribunal spécial pour le...
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