Réunir les conditions d'une sortie de crise a été la priorité du président américain durant ses cent premiers jours de mandat, qui l'ont vu élaborer un plan de relance massif et décider d'une réforme du système de santé publique.
Barack Obama a dit percevoir des « lueurs d'espoir » pour l'économie américaine, en récession depuis décembre 2007.
Si les experts s'accordent sur un relâchement du déclin, ils préviennent toutefois que la croissance ne sera sans doute pas de retour avant la fin de l'année et sera probablement très faible dans un premier temps.
Les Américains, dont beaucoup ont imputé le marasme économique actuel à l'ex-président George Bush, semblent faire preuve de patience avec Obama. Les sondages montrent ainsi que les deux tiers d'entre eux approuvent son action.
Mais le premier président américain de couleur a reconnu lui-même que ses chances de briguer un second mandat dépendraient pour l'essentiel de sa capacité à remettre le pays sur la voie de la croissance.
Voici un résumé des principaux projets économiques d'Obama:
Plan de relance
Moins d'un mois après son investiture, Barack Obama adoptait un plan de relance de 787 milliards de dollars.
Ce plan massif fondé sur deux axes majeurs - réduction d'impôts et grands travaux d'infrastructure - devrait permettre de préserver ou de créer 3,5 millions d'emplois, selon le président démocrate.
Les républicains se sont élevés contre le coût de ce plan et son impact en termes de déficit public.
Budget
Obama a présenté en février un budget de 3 550 milliards de dollars pour l'exercice fiscal 2010 qui débute le 1er octobre.
Trop ambitieux pour certains, trop coûteux pour d'autres, ce budget prévoit un déficit colossal de 1 750 milliards de dollars pour 2009 puis de 1 170 milliards en 2010.
Le président américain s'est engagé à réduire de moitié le déficit dont il a hérité, supérieur à 1 000 milliards de dollars.
Son projet de budget comporte des dépenses importantes pour réformer le système de santé publique, assurer une protection sociale et lutter contre le changement climatique, dispositions jugées bénéfiques à long terme.
Système bancaire
Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner a dévoilé en février un programme de partenariat public-privé visant à débarrasser les bilans bancaires de leurs actifs dits toxiques.
Wall Street a rejeté ce plan dans un premier temps, mais les investisseurs semblent aujourd'hui enclins à lui laisser une chance. Obama s'est vu reprocher de n'avoir pas agi plus vite et de façon plus agressive pour soutenir le système bancaire.
Nombre d'économistes estiment que l'économie américaine ne redémarrera pas tant que les actifs toxiques et adossés à des prêts immobiliers, à l'origine de la crise du crédit, ne seront pas purgés.
Immobilier
Obama a provisionné 75 milliards de dollars pour aider les propriétaires menacés d'expulsion à restructurer et refinancer leurs prêts immobiliers.
Il estime que son plan permettra de donner un coup d'arrêt au cercle vicieux généré par les défauts de paiement et les expulsions qui ont entraîné une chute des valeurs immobilières.
Mais ses détracteurs ont déploré que ce plan donne la prime à l'irresponsabilité de personnes ayant contracté des crédits en sachant qu'ils ne pourraient pas les rembourser.
Régulation financière
Les débâcles spectaculaires des groupes Lehman Brothers, Bear Sterns et AIG ont amené Obama à prendre des décisions rapides pour réguler le système financier.
Ses propositions pour donner aux gouvernements des moyens de gestion des établissements financiers en difficulté ont reçu l'approbation de ses homologues lors du sommet du G20 de Londres, au début du mois.
L'administration a lancé plusieurs projets et travaille actuellement avec le Congrès sur ces dossiers, parmi lesquels figure un durcissement de la réglementation des cartes de crédit.
Système de santé
Barack Obama, qui avait promis durant sa campagne de réformer le système de santé, a fait de ce dossier une priorité de politique intérieure.
Il considère l'accès de l'ensemble de la population à une couverture maladie comme un impératif moral et assure que sa réforme permettra de réduire le coût des programmes fédéraux de prise en charge comme Medicare.
Les parlementaires démocrates espèrent adopter une loi avant la fin de l'année ; les républicains considèrent que le projet d'Obama provoquera une augmentation massive de l'intervention fédérale, que l'opposition assimile à un « socialisme ».
Changement climatique
Obama souhaite mettre en place un système de droits de polluer et se doter d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre : revenir d'ici à 2020 aux niveaux d'émission de 1990 puis faire baisser ces pollutions de 80 % d'ici à 2050.
Le système d'échange de droits de polluer est au cœur d'un texte à l'étude au Congrès mais qui a beaucoup d'adversaires. Ceux-ci considèrent la loi comme une taxe sur l'énergie et craignent qu'elle ne handicape encore une économie fragile.

