Selon l'ONU, plus de 6 500 civils ont probablement été tués et 14 000 blessés depuis que l'armée a lancé en janvier son offensive « finale » contre les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), dans un Nord-Est aujourd'hui dévasté. L'ONU pense que plus de 100 000 personnes ont fui la zone de guerre depuis le début, le 20 avril, d'un exode massif de Tamouls. D'après Colombo, il reste 15 000 à 20 000 civils servant de « boucliers humains » aux Tigres, et l'armée affirme en avoir « sauvé » 113 000 en une semaine, grâce à « la plus grande opération de libération d'otages dans l'histoire ». Mais ces réfugiés représentent un « énorme défi », a prévenu M. Holmes.
Soumis depuis une semaine aux pressions internationales et à la colère de la diaspora tamoule en Occident, le Sri Lanka a assuré ralentir son offensive contre la poche rebelle. Persuadé d'être en train de gagner un conflit amorcé en 1972, le gouvernement a dit avoir ordonné à l'armée de « cesser d'avoir recours aux armes de gros calibre, avions de combat et bombardements aériens qui pourraient provoquer des victimes civiles ». M. Holmes s'en est félicité, tout en « espérant que cela serait authentiquement respecté, cette fois, (car) cela n'a pas été le cas dans le passé ». L'armée a souvent affirmé ne pas utiliser d'armes lourdes contre l'enclave des Tigres. Et un responsable gouvernemental a précisé à l'AFP qu'il ne s'agissait « ni de la fin de l'opération militaire ni d'un cessez-le-feu ».
En effet, les militaires « ont mené dans l'après-midi deux attaques aériennes », a affirmé à l'AFP le porte-parole du LTTE, S. Puleethevan. Les troupes ont aussi fait feu à l'arme lourde, a dénoncé le site Internet Tamilnet.com proche des Tigres. La guérilla séparatiste avait proclamé dimanche un cessez-le-feu unilatéral, une offre qualifiée de « plaisanterie » par l'influent secrétaire à la Défense Gotabhaya Rajapakse, frère cadet du chef de l'État. Il a exigé la reddition complète des insurgés. « Nous ne nous rendrons jamais tant que nos revendications légitimes ne seront pas satisfaites », a répondu M. Puleethevan.

