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Liban - Rencontre

Pour que les « dys » ne soient plus un handicap

scientifique Pour mieux comprendre, reconnaître, diagnostiquer et accompagner les personnes « dys », un congrès réunira jusqu'à dimanche des experts du Liban et de France.

Avoir une difficulté à lire un texte, écrire d'une manière phonétique, avoir le mal des mots... autant de troubles d'apprentissage dits « dys » qui touchent 10 à 15 % des enfants d'une classe d'âge et 6 à 8 % de la population mondiale.
Quesl sont ces troubles ? Comment les reconnaître ? Quelle est la situation actuelle des personnes « dys » ? Un congrès sur le thème « Vivre avec les dys » réunira à partir de demain et jusqu'au dimanche 26 avril des experts libanais et français qui répondront à ces questions. Organisé par l'Association libanaise des orthophonistes (ALO) et l'Association libanaise des psychomotriciens (ALDP), avec le soutien du Service de coopération et d'action culturelle de l'ambassade de France, il se tiendra à la salle Montaigne du Centre culturel français de Beyrouth. Le congrès est ouvert aux parents, aux médecins, au corps enseignant, aux directeurs d'écoles et aux professionnels du métier.
« Ces troubles existent et il est important de mettre l'accent sur ce fait, insiste Mme Joumana Rizk Mokhbat, co-organisatrice du congrès. Les dys sont des troubles spécifiques, dans le sens où ils existent en dehors d'une déficience intellectuelle ou sensorielle ou encore d'un problème psychologique grave. »
Les troubles dys comprennent la dyslexie (difficulté à lire), la dysorthographie (difficulté à bien écrire), la dyscalculie (difficulté de comprendre le nombre et la valeur qui lui est attribuée), la dysphasie (trouble du langage oral ou le mal des mots), la dysgraphie (difficulté à tracer des lettres dans un espace donné, entre deux lignes à titre d'exemple, en allant à une allure correcte) et la dyspraxie (difficulté de coordonner les gestes dans le but de produire une action, comme le fait de boutonner sa chemise).
« Les enfants dys n'ont pas une déficience intellectuelle, mais instrumentale, insiste encore Mme Mokhbat. Il est criminel de ne pas leur proposer des adaptations à leur situation dans le cadre de l'école de façon à leur permettre d'être au niveau des autres. Si, à titre d'exemple, on donne à un dyslexique plus de temps pour qu'il lise un texte, on ne le favorise pas par rapport aux autres, mais on lui permet d'être comme eux. »
Malheureusement, les systèmes scolaires sont assez rigides et dans leur course à avoir les meilleurs résultats, certaines écoles deviennent moins tolérantes envers les enfants qui sont un peu plus lents ou moins performants.

Einstein, Churchill, Mika et les autres
« Les enfants dys souffrent, poursuit Mme Mokhbat. Ces enfants travaillent en fait deux fois plus que les autres enfants, mais ne sont pas gratifiés en fonction du temps et de l'investissement qu'ils mettent à essayer de réussir, au moment où ce sont des enfants parfaitement intelligents. »
Le congrès vise donc à faire reconnaître ces enfants, notamment sur les plans médical et légal. « Pour ce faire, il faudrait que les médecins soient un peu plus informés de ces troubles pour qu'ils puissent être une référence pour ces familles, d'autant que les parents demandent souvent conseil aux pédiatres », explique Mme Mokhbat. Malheureusement, nombreux sont les pédiatres qui se concentrent plus sur la santé physique de l'enfant et n'accordent pas une attention particulière à sa performance à l'école. « Or ces troubles devraient être diagnostiqués à un stade précoce pour une meilleure prise en charge », souligne-t-elle.
Sur le plan légal, « nous souhaitons que les autorités concernées reconnaissent que ce sont des enfants qui ont des difficultés, mais qui peuvent réussir, et de promulguer des lois qui autoriseraient la modification et des aménagements de programmes pour pouvoir garder l'enfant dys dans l'école régulière, dit Mme Mokhbat. Il s'agit aussi de reconnaître les professions d'orthophoniste et de psychomotriciens en votant le projet de loi qui traîne depuis des années au Parlement », remarque-t-elle.
« Il existe certes de bonnes initiatives qui sont en train d'être prises, mais si elles étaient encadrées par l'État, il serait plus facile de les généraliser, ajoute Mme Mokhbat. Il existe une décision qui dispense les enfants à besoins spéciaux des examens, mais il ne s'agit pas de la réponse que nous souhaitons pour les personnes dys. Nous cherchons plutôt à obtenir des adaptations des conditions des examens officiels surtout, parce que notre but est d'aider les enfants à poursuivre leurs études supérieures. Un enfant dysgraphique, à titre d'exemple, ne peut pas écrire vite. On peut l'aider en lui procurant une machine à taper ou un ordinateur, ce qui lui permet de rendre son travail. Un enfant dyslexique se perd sur les papiers. On peut par exemple disposer les informations d'une manière différente pour qu'elles soient accessibles. On pourrait éventuellement accepter les fautes d'orthographe d'un enfant dysorthographique lorsqu'il ne s'agit pas d'un test de langue, etc. D'où notre souhait de pouvoir discuter d'un nouveau projet de loi, à partir de l'expérience des pays étrangers dans ce domaine. »
Et Mme Mokhbat de conclure : « Einstein, Churchill, Agatha Christie, Whoopi Goldberg, Tom Cruise, Mika et tant d'autres étaient ou sont dyslexiques et ils ont réussi leur vie. Pourquoi ne pas permettre à nos enfants dys de réussir à leur tour ? »
Avoir une difficulté à lire un texte, écrire d'une manière phonétique, avoir le mal des mots... autant de troubles d'apprentissage dits « dys » qui touchent 10 à 15 % des enfants d'une classe d'âge et 6 à 8 % de la population mondiale.Quesl sont ces troubles ? Comment les reconnaître ? Quelle est la situation actuelle des personnes « dys » ? Un congrès sur le thème « Vivre avec les dys » réunira à partir de demain et jusqu'au dimanche 26 avril des experts libanais et français qui répondront à ces questions. Organisé par l'Association libanaise des orthophonistes (ALO) et l'Association libanaise des psychomotriciens (ALDP), avec le...
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