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Liban

Joumblatt met les points sur tous les « i » ; Honein et Souhaid applaudissent

« Les propos insultants et diffamatoires que j'ai tenus ont été extraits de leur contexte ; c'était un long discours dans lequel j'évoquais des cas d'isolationnisme cancérigène présents dans chaque communauté et avec lesquels il faut impérativement en finir. »
Voilà, en gros, comment Walid Joumblatt s'est expliqué sur des propos tenus dans un cercle privé il y a quelques semaines, et que beaucoup ont qualifiés de dérapage fâcheux, surtout en ce qui concerne son commentaire sur la communauté maronite.
Commençant par dénoncer le choix fait par la NewTV de diffuser des propos enregistrés sur un téléphone portable à l'insu de ceux qui les ont tenus, le chef du PSP a rappelé « la relation historique, l'amitié et l'affection » qui le lient au patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, « le premier parrain de la révolution de l'indépendance en l'an 2000, avec lequel nous avons bouclé l'historique réconciliation de la Montagne en 2001, avec lequel nous n'avons jamais interrompu le contact, et avec lequel nous nous sommes opposés à la prorogation du mandat (d'Émile Lahoud) », a énuméré le leader druze, précisant également que le patriarche Sfeir a tout autant été le parrain de la révolution du Cèdre et relevant qu'il avait refusé l'aventurisme de l'élection du successeur de Lahoud à la majorité plus une des voix.
Walid Joumblatt a espéré que Mgr Sfeir et tous les maronites du Liban soient convaincus que les cas d'isolationnisme qu'il avait évoqués dans ses propos concernent toutes les communautés, et qu'il faut impérativement régler dans l'intérêt de la Charte, de la coexistence, de la protection de l'État, des institutions et de l'armée. « Il faut raison retrouver et garder », a-t-il résumé.
« Je faisais part de mon désenchantement, à ma manière, sur la façon dont les candidats étaient choisis au sein du 14 Mars ; j'étais déçu que la couleur partisane et l'extrémisme aient pris le pas sur la modération et sur l'ouverture, de Jezzine au Akkar en passant par le Mont-Liban », s'est expliqué Walid Joumblatt, regrettant fermement que la dernière victime soit le ministre d'État Nassib Lahoud et insistant sur le fait que ce modus operandi dans le choix des candidats n'est pas l'apanage du 14 Mars : « L'autre camp se moque de la modération aussi bien chrétienne que musulmane », a-t-il relevé.
Enfin, le chef du PSP a tenu à préciser que ses propos « politiques » n'avaient aucune connotation raciale, religieuse ou confessionnelle : « Dans chaque communauté, il y a le bien et le mal ; je n'ai même pas besoin de rappeler les grands noms maronites, à l'instar des Boustany, des Yazigi, de Farès Chidiac, de Béchara el-Khoury, de Camille Chamoun, de Raymond Eddé, de Fouad Chéhab et de bien d'autres, tant au niveau de la politique que dans les domaines de la littérature ou de l'économie », a-t-il dit, espérant que ces explications suffisent à effacer ce coup porté « très involontairement » à la communauté maronite, et sur lesquelles certains médias se sont empressés de se jeter comme des vautours. Walid Joumblatt a invité les médias et les Libanais à être conscients de la gravité du moment et à faire en sorte de contribuer à instaurer le calme, surtout après l'accord de Doha.

Bientôt à Bkerké ?
Signalons que l'agence al-Markaziya a révélé que Walid Joumblatt est censé se rendre dans les 48 heures à Bkerké et s'entretenir avec le patriarche Sfeir des derniers développements sur la scène locale. Rappelons que le leader druze s'était dépêché, au lendemain de la diffusion télévisée de ses propos, d'envoyer le ministre Waël Bou Faour auprès du patriarche maronite, portant une missive de sa part.

Honein : « Claires et courageuses »
Premier à réagir hier après le point de presse du chef du PSP, l'ancien député (du bloc parlementaire joumblattiste) et candidat à l'un des sièges maronites de Baabda Salah Honein a jugé « claires et courageuses » les excuses de Walid Joumblatt, rappelant les bases de l'action commune qui avaient été édifiées « lors de la réconciliation de la Montagne », un « prélude pour une réconciliation générale qui devra aboutir au respect de la Constitution et des résolutions onusiennes en vue de l'édification de l'État avec la participation de tous », avait déclaré à l'époque Salah Honein. Une action commune qui s'était illustrée également « lors de la révolution du Cèdre. Celle-ci a encore besoin qu'on déploie pour elle tous nos efforts ; elle est censée nous mener, par une volonté citoyenne commune, au renforcement de la souveraineté libanaise pour laquelle, toutefois, nous devons lutter indéfiniment », a-t-il rappelé.
Quant au secrétaire général de l'Alliance du 14 Mars, Farès Souhaid, il a relevé que les propos de Walid Joumblatt ont réellement lésé et les maronites et l'auteur même de ces termes ; « cela ne sied pas à un zaïm national », a-t-il remarqué, assurant néanmoins que ses éclaircissements ont fait disparaître effectivement beaucoup de nuages noirs. Il a en outre insisté sur l'importance de la solidarité du 14 Mars en cette période de campagne électorale.
« Les propos insultants et diffamatoires que j'ai tenus ont été extraits de leur contexte ; c'était un long discours dans lequel j'évoquais des cas d'isolationnisme cancérigène présents dans chaque communauté et avec lesquels il faut impérativement en finir. »Voilà, en gros, comment Walid Joumblatt s'est expliqué sur des propos tenus dans un cercle privé il y a quelques semaines, et que beaucoup ont qualifiés de dérapage fâcheux, surtout en ce qui concerne son commentaire sur la communauté maronite. Commençant par dénoncer le choix fait par la NewTV de diffuser des propos enregistrés sur un téléphone portable à l'insu de ceux qui les ont tenus, le chef du PSP a...
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