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Liban - Nature

Le Liban, ou 440 km de randonnée

Un sentier de randonnée unique traverse depuis quelques années le pays du Nord au Sud. Les amoureux de la montagne continuent de marcher pour le faire survivre, en allant à la rencontre d'un patrimoine en voie de disparition.
Si vous vous promenez, pendant le mois d'avril, dans une des petites vallées libanaises qui retrouvent leur verdure après la fonte des neiges, vous rencontrerez peut-être ce petit groupe de randonneurs, gilet de montagne violet, bâtons de marche à la main et visiblement équipés pour un long parcours : ils vous proposeront sans doute de faire un bout de chemin avec eux. Ils sont sept, Libanais, Européens et Américains, à avoir entrepris de traverser le Liban du Nord au Sud en suivant le Lebanon Mountain Trail (LMT), un réseau de sentiers délimité depuis trois ans grâce aux efforts d'une société privée de « consulting écologique » financée par les États-Unis.
Les sept randonneurs ont pour objectif de suivre le parcours dans son intégralité, c'est-à-dire sur 440 kilomètres. Ils sont partis de Qobeyate, dans le nord du Liban, et doivent atteindre le village de Marjeyoun, dans le Sud. Au bout d'un mois, ils auront ainsi traversé plus de 75 villages, où ils seront pour la plupart du temps hébergés dans des maisons d'hôte - même s'ils devront parfois camper dans la nature. À une moyenne de 1 400 mètres d'altitude, ils sont confrontés à un climat relativement frais pour le Liban, mais que des randonneurs de montagne aguerris considéreront comme très clément.
Le LMT est né en 2005 de la volonté, manifestée par quelques amoureux de la montagne, de relier entre eux plusieurs sentiers de randonnée visiblement en voie de disparition. Il s'agissait de créer un parcours unique dont l'intégrité permettrait de protéger les petits segments isolés. En donnant un rôle à jouer aux collectivités locales, les créateurs du LMT ont fait d'une pierre deux coup. D'une part, ils permettaient aux villages concernés d'investir intelligemment dans leur patrimoine naturel et touristique, et de préserver ainsi ce capital de manière durable. D'autre part, la collaboration des différentes localités qui jalonnent le parcours permet un entretien « délocalisé » de celui-ci, donc plus efficace et moins cher. Le LMT a ainsi pu se développer en proposant aux touristes des sentiers mieux balisés qu'autrefois, plus propres et jalonnés de maisons d'hôte dans les villages.
« Les sentiers ne sont pas encore bien balisés, admet une des randonneuses que nous rencontrons. Mais on s'y retrouve quand même facilement, et c'est un parcours magnifique. » Le chemin est en effet encore long avant que le LMT ne puisse répondre parfaitement aux critères de qualité internationaux des sentiers de randonnée. Cependant, le premier objectif a été atteint : les promeneurs sont de retour, et de plus en plus d'initiatives personnelles viennent se greffer au projet et permettent de diffuser la bonne nouvelle du LMT.

Un livre au bout du chemin
Hana fait partie des sept randonneurs qui se sont lancés dans la traversée complète du Nord au Sud. « Libanaise de l'étranger », comme elle se définit elle-même, elle a pour ambition de publier un livre sur cette longue promenade pour « partager un visage du Liban qui est peu connu à l'intérieur même du pays ». Son ami Norbert Schiller fait également partie du groupe : ce photographe américain et autrichien parcourt le Moyen-Orient depuis plusieurs années et partagera ses clichés dans le livre de Hana. En attendant d'être rentrée chez elle pour commencer à écrire son récit, la jeune femme a trouvé le moyen d'allier nature et technologie. À chaque étape du parcours, lorsque le groupe s'arrête dans un village, elle s'échappe quelques instants pour mettre à jour son blog : vous pouvez ainsi suivre la randonnée au jour le jour, sur Internet, en tapant
www.trekkinglebanon.com

Le groupe a prévu d'atteindre Marjeyoun le 30 avril. Tous les week-ends, il est rejoint par de petits groupes de randonneurs amateurs, qui marchent avec eux le long d'un segment du parcours, et en profitent parfois pour découvrir un village isolé dans la montagne. Chamoun Mouannès, chef de file des randonneurs, avec ses deux drapeaux libanais plantés dans le sac à dos, en profite pour demander à ses compagnons d'un week-end de signer sa pétition. Quand celle-ci aura atteint assez de signatures, il la soumettra au ministère du Tourisme pour réclamer une meilleure protection du LMT par le gouvernement, avec une garantie législative. « Avec ça, explique-t-il, on évitera ce qui nous arrive d'année en année : revenir sur nos pas à la saison suivante et trouver notre sentier remplacé par un tronçon d'autoroute. »
Si vous vous promenez, pendant le mois d'avril, dans une des petites vallées libanaises qui retrouvent leur verdure après la fonte des neiges, vous rencontrerez peut-être ce petit groupe de randonneurs, gilet de montagne violet, bâtons de marche à la main et visiblement équipés pour un long parcours : ils vous proposeront sans doute de faire un bout de chemin avec eux. Ils sont sept, Libanais, Européens et Américains, à avoir entrepris de traverser le Liban du Nord au Sud en suivant le Lebanon Mountain Trail (LMT), un réseau de sentiers délimité depuis trois ans grâce aux efforts d'une société privée de « consulting écologique » financée par les États-Unis. Les sept randonneurs ont pour...
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