Au-delà detoute considération d´ordre politique et en dépit des influences médiatiques, nous sommes sans cesse ramenés, à l'approche des élections, au problème de la liberté, étant donné que le choix des candidats nécessite un certain « libre arbitre ».
Comme cela a été décidé à l'unanimité à la conférence de Doha, le gouvernement actuel ainsi que les partis en présence essayent, un tant soit peu, de créer un climat favorable en prévision de cette échéance Cependant, si l'atmosphère est propice à des élections sans contrainte, le citoyen lui-même est-il libéré de ses incertitudes ? Durant ces années, et à la lumière des derniers événements, les convictions personnelles ont eu le temps de se confirmer. L'électeur, par conséquent, devrait se dégager de toute obligation sociale ou morale envers les candidats, oublier le « je dois l'élire car il me rend des services d'ordre fonctionnel ou financier », résister à l'ascendant de ce qu'on appelle le « charisme », (défini par : la présence, la verve, l'allure ; ce tout qui fait dire de telle personne : elle est « charismatique »), ignorer la litanie du programme aguichant (car nous savons que toute promesse devient après coup lettre morte et renvoyée aux calendes grecques).
Mais alors, sur quels critères baser notre choix, si toutefois le doute nous hante ? Sans hésitation, sur ceux de souveraineté, d'indépendance et de respect pour notre patrie. Ce qui revient à opter pour l'authenticité plutôt que pour l'opportunisme. Comme le dit si bien Victor Hugo : « La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience. » À mon avis, en cette année 2009, et à titre exceptionnel, il faudrait s'assurer de l'influence qu´aura notre futur candidat sur l'avenir du Liban dans la conjoncture géopolitique actuelle, étant donné que nous sommes une nation démocratique et que toutes les décisions vitales sont votées au Parlement. Notre époque est plus que jamais marquée du syndrome de dédoublement de la personnalité dont nos leaders sont atteints. À qui font allégeance tous ces « Mister Hyde » ? S'il est vrai que derrière tout chef politique il y a un appui extérieur qu'il surnomme « amitié », alors toute aide amicale contribuant à garder le Liban libre et verdoyant sera la bienvenue. Pendant longtemps, notre pays n'a pas pu sortir du contexte décisionnel formé par le triangle Riyad-Le Caire-Damas. Du moins pourra-t-il maintenant choisir de préserver son arabité face aux ambitions iraniennes, avec l'effet de dépendance qui en découle. Dépendance ! Confirmée par la présence sur le territoire d´une Résistance à la fois (comble de dualité !) de nationalité libanaise et fer de lance de la République islamique d'Iran.
Quel peut être l'avenir de la nouvelle génération avec l'existence simultanée d'une armée légale, relevant de l'État, pour défendre le Liban et ses frontières, et d'une Résistance sans cesse en expansion de par son arsenal de combat : drones, missiles, zones sécurisées, que même les hélicoptères militaires n´ont pas le droit de survoler ? Qu'y a-t-il à cacher que l'État ne doive pas voir ? D'autre part, que nous importe que les ressources de l'Iran soient consacrées à fabriquer du plutonium ou encore à construire des centrifugeuses (destinées, soi-disant, à la fabrication du nucléaire civil) ? Que nous importe que ce pays ait signé le TNP (Traité de non-prolifération des armes nucléaires) qui l'autorise à utiliser son uranium enrichi ?
À la production de l'électricité, tant que - par intérim évidemment - il n'utilise pas les villages libanais frontaliers avec Israël comme base pour ses rampes de lancement de missiles contre ce pays. Le Liban est un pays de tourisme et de paix ; il est porteur d'un message de coexistence pacifique et de pluralité des religions. À défaut de conquérir par les armes, il s'est affirmé à travers sa diaspora dans tous les continents : médecins, sénateurs, ingénieurs, hommes de loi, hommes de religion et même présidents. Le Libanais, citoyen universel, n'a pas besoin de la bombe atomique pour surmonter ses complexes. Un jour pas si lointain, l'Iran finira par posséder sa bombe atomique ; il en sera fier quoique son plus grand sujet de fierté doive être l'attribution, en 2003, du Nobel de la paix à la juriste iranienne Chirine Ebadi. L'important pour nous, à l'heure actuelle, n'est pas seulement de choisir entre deux voies, deux alliances, deux lignes politiques ; c'est encore et surtout d'accepter nos choix respectifs, car toute barrière peut aussi devenir un passage vers l'autre.
Simone Veil, dans son merveilleux livre La pesanteur et la grâce, donne l'exemple de « deux prisonniers dans des cachots voisins qui communiquent par des coups frappés contre le mur qui les sépare ». Puissions-nous, nous-mêmes, créer des liens à travers les murs de nos convictions.
P.-S. - Je souhaite que les élections au Liban puissent changer la donne. En respectant les règles de la démocratie, soit : une majorité qui gouverne et une minorité qui s'oppose.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef