L'une des personnes présentes, qui a sa green card, demanda à l'un des « expatriés » américains par quel stratagème il pourrait se faire naturaliser sans pour autant vivre aux États-Unis. À la libanaise, quoi...
Bien entendu, « l'Américain » a répondu qu'une telle possibilité n'existait pas.
Une telle question, reflet d'une certaine culture, me révolte.
Nous voulons bénéficier de tous les avantages que nous offre notre pays, garder son travail au Liban, sa famille et cette dolce vita si libanaise. Eh oui, nous sommes blasés et royalement servis au Liban ! Et en plus, nous
voulons avoir tous les avantages qu'un autre pays offre à ses citoyens, qui sont différents de ce que notre pays nous offre, devenir citoyens des États-Unis sans pour autant vivre dans ce pays, ce qui reviendrait à payer des taxes. En un mot, sans rien donner à cette patrie d'accueil. Tout en continuant à nous plaindre de notre pauvre petit Liban, quitte, au cas où irien ne va plus, à se transformer en expatriés.
Le Libanais est très malin !
C'est dommage que le Liban soit peuplé uniquement d'« expatriés » prêts à s'en évader au moindre petit problème. Je me demande ce que de tels citoyens sont prêts à sacrifier pour améliorer le climat politique, la vie de tous les jours.
Cette obsession de donner à ses enfants une nationalité supplémentaire, je sais qu'elle vient du désir naturel des parents de vouloir protéger leur progéniture, de leur assurer un avenir meilleur. Mais ne pourrait-on pas le faire autrement ? En mettant un peu plus d'honnêteté et d'intégrité dans notre vie ? En croyant vraiment en notre Liban ? En construisant un Liban meilleur ?
D'abord, je suis fière de mes deux parents, qui ont eu maintes occasions d'avoir une seconde nationalité, mais qui ont fait le choix d'être uniquement libanais et d'œuvrer honnêtement toute leur vie, à leur échelle, pour un Liban meilleur.
Ensuite, je ne juge personne. Libanaise moi-même, je comprends l'angoisse des Libanais face à leur avenir et à celui de leurs enfants. Mais je ne comprends pas la malhonnêteté.
Ahlan wa sahlan à tous les expatriés, libanais ou pas, au Liban. Ce pays a un grand cœur toujours ouvert ; c'est pourquoi il est si souvent blessé.
Stéphanie ATALLAH


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