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Liban - Éclairage

Le timing de l’agression contre l’armée suscite des points d’interrogation

Une question fondamentale commence à poindre à l'horizon local : l'agression contre la patrouille de l'armée à Rayack, dans la région de Baalbeck, est-elle limitée dans l'espace et le temps, est-elle un incident isolé, dû à des considérations claniques et purement locales, ou cache-t-elle, au contraire, d'autres desseins liés à la conjoncture politique dans le pays, voire peut-être même à l'échéance électorale ? Il est certes trop tôt pour répondre à cette interrogation. Mais d'ores et déjà, certaines constatations s'imposent.
Force est de relever d'abord que dans la perspective, notamment de la prochaine échéance électorale, les services de sécurité et les autorités officielles n'épargnent aucun effort pour entretenir et maintenir un climat de sécurité, profitant dans ce cadre du climat de réconciliation interarabe apparu récemment dans la région. Les efforts déployés sur ce plan par l'appareil sécuritaire de l'État, dans ses différentes composantes, sont, à n'en point douter, renforcés et dynamisés par le rôle rassembleur et l'attitude consensuelle du président Michel Sleiman. Et pour bien consolider cette entreprise de stabilisation, les forces de l'ordre se sont attaquées récemment aux bandes de trafiquants, de malfaiteurs et de repris de justice qui contribuent à créer un climat d'insécurité dans le pays.
Alors que cette opération battait son plein, des éléments du clan des Jaafar ont tendu, lundi, une embuscade à une patrouille de l'armée à Baalbeck, dans le secteur de Rayack, pour venger l'un des leurs tué quelques jours auparavant à un barrage de l'armée dans la région, dans le cadre d'une opération coup de force contre des trafiquants. L'attaque de lundi est intervenue alors qu'une réunion de conciliation s'était tenue entre un officier supérieur de l'armée, délégué par le commandement, et des représentants de la tribu des Jaafar. Cette réunion avait débouché sur une décision de principe d'organiser à Baalbeck une réconciliation formelle entre des représentants de l'armée et du clan des Jaafar afin de tourner la page des séquelles de la mort d'un des membres de la tribu Jaafar au barrage de l'armée à Baalbeck.
L'embuscade à Rayack a toutefois remis en cause ce projet de réconciliation. À la suite de cette attaque, l'armée a évidemment raidi sa position et insiste à prendre toutes les mesures qui s'imposent afin que les responsables de l'embuscade soient arrêtés et traduits en justice. Certes, tous les milieux politiques locaux, toutes tendances confondues, ont vivement stigmatisé l'attaque contre l'armée. Mais l'important à cet égard est que la troupe bénéficie réellement, concrètement, et non seulement en paroles, de la couverture politique nécessaire afin qu'elle puisse tenir bon et aboutir à l'arrestation des coupables, car il y va de la crédibilité et de l'autorité de l'institution militaire.
Dans ce cadre, les observateurs locaux ont relevé que le Hezbollah a condamné l'attaque de Rayack. Mais pour l'heure, cette condamnation est restée verbale et ne s'est pas accompagnée de mesures concrètes sur le terrain, du fait que la région de Baalbeck est contrôlée étroitement par le Hezbollah. S'il est réellement sincère dans le soutien qu'il proclame officiellement à l'armée, il devrait prendre les mesures qui s'imposent afin d'aider à appréhender les coupables du fait de l'autorité de facto qu'il exerce sur l'ensemble de la région. S'il n'agit pas en conséquence, il pourra difficilement échapper à certaines accusations de collusion et de complicité avec les auteurs de l'embuscade contre la patrouille de l'armée.
C'est dans un tel contexte que divers milieux locaux s'interrogent sur le timing et les dessous de l'embuscade de Rayack. Cette attaque aurait-elle pour but de saper l'autorité et la crédibilité de l'armée afin qu'elle ne soit pas en mesure de remplir amplement son rôle à la veille et le jour même du scrutin du 7 juin ? Les milieux en question soulèvent cette question en relevant que l'affaire de Rayack est intervenue quelques jours après la première réunion de conciliation entre les représentants de l'armée et de la tribu des Jaafar, ce qui suscite des doutes sur les véritables motivations de cette attaque. De nombreux observateurs expriment en effet la crainte que certaines parties aient l'intention de provoquer des incidents comme celui de Rayack dans le but bien précis de neutraliser l'armée en tant que principal instrument sécuritaire devant assurer le bon déroulement des élections législatives. De là à supposer que les véritables desseins seraient de torpiller les élections, il n'y a qu'un pas que des analystes locaux n'hésitent pas à franchir.
Une question fondamentale commence à poindre à l'horizon local : l'agression contre la patrouille de l'armée à Rayack, dans la région de Baalbeck, est-elle limitée dans l'espace et le temps, est-elle un incident isolé, dû à des considérations claniques et purement locales, ou cache-t-elle, au contraire, d'autres desseins liés à la conjoncture politique dans le pays, voire peut-être même à l'échéance électorale ? Il est certes trop tôt pour répondre à cette interrogation. Mais d'ores et déjà, certaines constatations s'imposent.Force est de relever d'abord que dans la perspective, notamment de la prochaine échéance électorale, les services de...
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