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Nos lecteurs ont la parole

Urbanisme et urbanité

Carine HUSNI
La circulation sur les artères principales ne se passe pas trop mal compte tenu de la présence d'agents de la circulation. Malheureusement, dans les ruelles d'Achrafieh, c'est la jungle à tous les niveaux.
Les conducteurs garent quotidiennement leurs véhicules soit le long de ruelles, où cela est interdit (exemple : rue Trabaud), soit en double file sans crainte d'être verbalisés par un agent de police. Cela quand ils ne bloquent pas les entrées de garages des immeubles. Tout cela dans une absence totale de civisme de leurs parts qui ne peut être mise uniquement sur le compte du manque de places de parking.
Pour réduire le nombre de véhicules (dont le nombre est disproportionné par rapport à la capacité des rues) et pour encourager la population à se déplacer à pied et essayer de limiter le nombre de voitures, il faudrait que les trottoirs puissent être empruntés. Les trottoirs sont de dimensions variables et constituent des obstacles pour les personnes âgées et pour les plus jeunes (ne parlons pas des personnes handicapées pour lesquelles ils représentent un obstacle infranchissable, vu leur surélévation et l'absence de rampe d'accès). La présence de petits poteaux sur les trottoirs réduit même la zone praticable.
De plus, les trottoirs sont souvent encombrés par les excréments des animaux de compagnie (escortés par des employés de maison de nationalités étrangères, qui font abstraction de la règle du caniveau par ignorance, d'une part, par absence de signalisation en ce sens et il faut bien le dire pour cause d'absence de caniveau, d'autre part). À quand les panneaux et règles qui vont avec la présence d'animaux de compagnie dans les zones urbaines ?
Ayant effectué récemment deux voyages dans des pays proches du Liban, en l'occurrence les Émirats arabes unis et Chypre, il m'a été loisible de constater le progrès dans ces deux pays au niveau de la circulation.
À Dubaï (même s'il y a chaque jour trois morts sur les routes), le marquage au sol et les trottoirs bétonnés évitent toute confusion. L'emploi du clignotant devient minime, si le conducteur se conforme aux directions délimitées par le marquage au sol et se positionne dans la bonne file. On entend également très peu de klaxons. À Beyrouth, on klaxonne à toute heure du jour et de la nuit. À quand une campagne pour limiter les klaxons et pour les interdire la nuit ? Le citoyen n'a-t-il pas droit à un peu de calme et de silence la nuit ?
À Dubaï, les conducteurs en grande majorité respectent les règles de conduite. Ceux qui seraient tentés de dépasser les limites de vitesse sont rapidement pénalisés grâce au nombre de radars présents sur les routes. Et là pas d'échappatoire ! Chez nous, la présence d'un radar sur une route est régie par une loi totalement aléatoire et les tentatives de contrôle de la vitesse sont totalement insuffisantes et disproportionnées par rapport au nombre de contrevenants. Je suis pour les feux de signalisation, mais je réclame surtout des radars et un contrôle de la vitesse sur toutes les autoroutes.
Au Liban, nous mettons nos vies en danger quotidiennement, que ce soit en prenant le volant, ou à pied, ou à vélo, ou par tout autre moyen de déplacement ! Il ne suffit pas de mettre la ceinture de sécurité pour que tout devienne rose. Encore faut-il que les autres conditions qui permettent d'instaurer un certain degré de sécurité sur les routes soient présentes. Avec le nombre de 4X4 sur nos routes, les ralentisseurs ne servent à rien. Seule la présence de radars peut permettre de réduire le nombre d'accidents et de rendre la conduite automobile « agréable ».
Avec les revenus générés par les verbalisations des mauvais conducteurs (très nombreux), l'État libanais pourrait louer tous les panneaux du pays pendant un mois pour réapprendre aux conducteurs les règles de conduite et aux piétons l'instinct de survie. Alors au moins ces panneaux serviraient au bien public. Quant aux conducteurs de motocyclettes, ce sont de véritables kamikazes qui n'hésitent pas à rouler la nuit sans phare et en sens interdit dans des ruelles à faible visibilité.
Nous avons longtemps regardé nos voisins avec un air de supériorité. Il est grand temps de retrouver une certaine humilité. Que ce soit les Émirats arabes unis ou la République de Chypre, ces deux pays ont réussi à développer leur réseau routier selon les normes internationales les plus récentes. Dans ces deux pays, les conducteurs (de toutes nationalités même libanaise) sont tenus de respecter le code de la route en vigueur.
Je suis pour une taxation plus importante sur les voitures les plus polluantes et pour la limitation de leur nombre. Il semble que la pollution de l'air par le CO2 ne soit l'objet de préoccupation que des ONG environnementales, vu le peu, sinon l'absence de mesures gouvernementales visant à réduire la pollution atmosphérique. Pourquoi les ministères concernés ne débattraient-ils pas publiquement du projet de construction de centrales électriques au charbon avec les citoyens et les ONG environnementales ?
Je ne peux m'empêcher de revenir sur le problème des panneaux publicitaires qui nous empoisonnent la vue au quotidien. Si le bénéfice retiré de ces panneaux était transféré directement aux tranches les plus pauvres de la population par le biais d'aides alimentaires, scolaires et de santé, alors peut-être que la pléthore de ces panneaux se justifierait-elle. Je demande aux municipalités d'apporter la preuve d'une utilisation responsable de ces revenus. Le cas échéant, il faut absolument en réduire le nombre et arrêter la dégradation de notre environnement, qui ne se limite certes pas à la nuisance des panneaux publicitaires. À quand la verbalisation des promoteurs immobiliers qui jettent les déchets de construction dans les forêts ? À quand la verbalisation de toutes les personnes qui jettent des ordures dans la nature (et il y en a, des ordures ! Faut marcher dans la nature pour les voir et pas besoin de loupe pour cela) ? À quand la mesure de la pollution de l'air dans les ruelles dont l'aération naturelle est bloquée par les tours immenses qui se construisent ?
À quand la notion d'urbanisme ? À quand la fin de la mascarade sur la soi-disant préservation du patrimoine ? À quand la notion d'espaces verts dans les villes ? À quand l'abolition du règne du narguilé et du tabac ? À quand la promotion de la santé publique ?
Dans une société matérialiste comme la nôtre, les notions de respect de la vie humaine et de l'environnement tendent à disparaître au profit du gain individuel. Rien de bon ne peut sortir d'un pareil laisser-aller ! Il faut bien en payer le prix - et ce prix se calcule en vies humaines.

Carine HUSNI
La circulation sur les artères principales ne se passe pas trop mal compte tenu de la présence d'agents de la circulation. Malheureusement, dans les ruelles d'Achrafieh, c'est la jungle à tous les niveaux.Les conducteurs garent quotidiennement leurs véhicules soit le long de ruelles, où cela est interdit (exemple : rue Trabaud), soit en double file sans crainte d'être verbalisés par un agent de police. Cela quand ils ne bloquent pas les entrées de garages des immeubles. Tout cela dans une absence totale de civisme de leurs parts qui ne peut être mise uniquement sur le compte du manque de places de parking.Pour réduire le nombre de véhicules (dont le nombre est disproportionné par rapport à la capacité des rues) et pour encourager la...
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