Cette organisation intergouvernementale est en effet guidée par les valeurs du processus de Barcelone, en particulier le « rapprochement entre les peuples grâce à un partenariat social, culturel et humain ». Elle a été établie en 2004 par les ministres des Affaires étrangères de la Conférence euro-méditerranéenne dans le but de créer une institution qui promeut le dialogue entre les cultures dans la région. Conçue avec la fonction spécifique d'agir comme un réseau de réseaux nationaux, la fondation rassemble aujourd'hui plus de 2000 organisations membres de l'ensemble des domaines de la société civile, toutes dédiées à la promotion du dialogue. Et elle a pour but le financement de séminaires, de rencontres et de projets consacrés au dialogue des cultures proposés par le réseau à partir d'appels de projets.
Depuis son inauguration officielle en avril 2005, la fondation a soutenu les membres de ses réseaux en développant et mettant en œuvre une série d'actions en faveur de la promotion du dialogue interculturel et du respect de la diversité.
« Le défi auquel nous faisons face est de savoir comment assurer cette diversité, relève Salwa Baassiri. Et cela tout en travaillant dans différents chantiers, avec des acteurs qui vont de la société civile organisée jusqu'aux gouvernements, en passant par les villes et les régions, tout cela avec des formats qui combinent la réflexion et l'action. »
En plus de ses activités de coordination, le réseau organise et conduit en outre des conférences, séminaires et ateliers dans les domaines de l'éducation, de la science, de la culture et de l'information. D'autres centres d'intérêt incluent les arts, la démocratie, le développement à l'échelle locale, l'environnement, le développement durable, de même que les « gender studies », les droits de l'homme et la religion.
À ce jour, le réseau libanais regroupe 46 organisations. La plupart d'entre elles travaillent dans les domaines de l'éducation, de la jeunesse, de l'art, du patrimoine, de l'environnement, de la démocratie, des droits de l'homme, des questions religieuses, des médias, de la résolution de conflits. Le réseau compte également des bibliothèques, des maisons d'édition et des centres de recherche.
La Fondation Anna Lindh a financé 18 projets impliquant des membres du réseau et pas moins de 50 personnes ont bénéficié des actions de formation de la FAL.
Les priorités libanaises
« En premier lieu, la fondation nous envoie un programme. Il s'agit d'un plan sur trois ans qui fonctionne comme un appel d'offres et dont on s'inspire. Les différents membres des 43 réseaux sont invités à y participer selon leurs propres priorités », explique le chef du réseau libanais en rappelant que pour obtenir le soutien de la fondation, il faut établir un partenariat avec une institution d'un autre pays.
Au Liban, c'est la jeunesse et l'éduction qui sont classées en tête de liste des priorités. « L'éducation est l'un des domaines permettant de préparer chaque individu, dès son plus jeune âge, à accepter ou à refuser " la différence " et offrant à ce dernier le bagage intellectuel nécessaire à son interprétation du monde dans lequel il vit. Les écoles sont le lieu où chaque individu peut développer un sens critique, une réflexion indépendante et la capacité à discerner les événements de manière rationnelle et tolérante », indique Mme Baassiri.
« Nous avons déjà entrepris des actions dans le domaine de l'éducation, en partenariat avec des organismes de référence dans le domaine, notamment par l'organisation d'un programme de formation destiné aux enseignants et visant à leur apprendre à exercer leur métier dans un contexte de diversité. Cette expérience, qui a donné des résultats pédagogiques intéressants et permis de mettre en réseau les participants, sera poursuivie, en rassemblant et en fédérant ces cours et ces pratiques avec pour dessein commun de permettre aux participants d'apprendre à faire face aux défis du multiculturalisme en classe et de développer des outils pédagogiques afin de mieux comprendre la complexité sociale, culturelle et religieuse.
Le chef du réseau libanais assure que la fondation souhaite acquérir un rôle plus important dans ce domaine, en faisant de l'éducation l'une des cibles de sa réflexion et de ses actions. « Un organisme qui consacre ses efforts au dialogue interculturel ne peut ignorer ce domaine, même si les programmes scolaires sont du ressort des gouvernements et ne sont a priori pas du nôtre. »
« L'important, c'est d'établir une connexion avec le reste du monde. Pour effacer les stéréotypes. L'initiative de la Fondation Anna Lindh est cruciale dans ce sens-là. Jusque-là, je ne crois pas que tout ce qui a été fait a opéré un réel changement. Il faut de la persévérance », conclut Salwa Sioniora Baassiri.


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