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Liban - Éclairage

Jbeil-Kesrouan : médiation difficile entre Baabda et Rabieh

Les contacts entre Baabda et Rabieh se poursuivent, par le biais d'intermédiaires, au sujet des deux circonscriptions de Jbeil et du Kesrouan. Les échanges d'idées sont répercutés par le député CPL Ibrahim Kanaan et Youssef Finianos des Marada, Sleimane Frangié ayant initié la tentative de conciliation.
Les deux émissaires, opérant loin des feux de la rampe, partent du principe qu'au-delà des élections, il faut établir une entente globale entre le président Michel Sleiman et le général Michel Aoun. On sait que leurs relations sont pour l'heure tièdes et même tendues à cause de l'idée d'un bloc centriste, notamment défendue par Michel Murr. Michel Aoun s'en est irrité, jugeant que le projet est dirigé contre lui. Il s'en est donc pris à Murr, mais n'a pas épargné Baabda, qu'il accuse d'être derrière un plan servant les desseins du 14 Mars. À son avis, ce camp manipule à son profit les indépendants, en se camouflant derrière un paravent présidentiel pour exploiter la popularité du régime en pays chrétien.
Le chef de l'État a répliqué en mettant les points sur les « i » : il n'a ni candidats, ni listes propres, ni alliance électorale avec quiconque. Cela étant, l'intérêt national et le double souci des équilibres et des arbitrages commandent l'émergence d'une force médiane pour s'interposer entre les adversaires et calmer le jeu, tout en permettant le cas échéant cette prise de décision étatique si souvent bloquée par le clivage aigu 8-14 Mars. Selon ses visiteurs, le président Sleiman souligne à l'envi que la présidence de la République n'est pas un fruit de copartage, pour qu'on lui demande ceci ou cela, mais de consensus patriotique. Il répète qu'il est absolument neutre, ne prend parti ni pour les uns ni pour les autres, et que n'ayant pas de candidats propres, il n'y a pas lieu de chercher à négocier des listes avec lui. Tout en redisant, selon ces témoins : « J'appelle cependant à la formation d'un bloc parlementaire centriste, en vue de réguler la vie politique libanaise et d'émousser le tranchant des divisions internes. »
Ces précisions présidentielles ont suffisamment convaincu Rabieh pour que les médiateurs puissent reprendre leur navette. En sus du tandem Kanaan-Finianos précité, Neematallah Frem a repris les efforts interrompus à la suite des critiques que le général Aoun a formulées à son encontre. Des reproches lancés quand Frem, au sortir de Bkerké, a plaidé pour un bloc centriste. Il a donc repris récemment le chemin de Baabda, de Bkerké et de Rabieh en vue de listes de coalition au Kesrouan et à Jbeil, où le Hezbollah est également entré en ligne en faveur d'une telle formule. Les discussions portent sur le retrait des candidatures de Nazem Khoury, Abbas Hachem et Walid Khoury, au profit de figures indépendantes, dont Frem au Kesrouan. Michel Aoun exprime toutefois de fortes réserves sur certains noms, laissant entendre qu'il s'agirait de loups travestis en agneaux, c'est-à-dire de loyalistes déguisés en indépendants.
Cela étant, les observateurs estiment que les médiations vont droit à l'échec à cause, selon eux, des conditions rédhibitoires posées par le chef du CPL et de sa propension à se considérer comme un maître de terrain qui ne verrait pas pourquoi il devrait concéder plusieurs sièges à quiconque. Il n'admettrait dès lors que de coopter un seul indépendant au Kesrouan et un autre à Jbeil, tout en précisant qu'il devrait avoir son mot à dire sur ces deux noms.
D'après ces sources, Michel Aoun se méfie des proches de Baabda autant que des loyalistes. Il a ainsi fait obstacle à la candidature du général Fayez Karam à Baalbeck, n'a pas soutenu Talal Makdessi (grec-catholique) à Baalbeck, n'a pas coopéré au Koura avec Abdallah Zakhem (grec-orthodoxe), ni avec Ziad Abs (grec-orthodoxe) à Beyrouth, ou encore avec Maroun Hélou, Alain Aoun et d'autres... Tous ces postulants sont connus pour être des hommes de dialogue entretenant des liens avec le président Sleiman.
Il reste que la marge de manœuvre des médiateurs se réduit de jour en jour, puisque le délai de retrait des candidatures expire le 22 avril.
Du côté du 14 Mars, Farès Souhaid tente de monter une liste à Jbeil. S'il n'y parvient pas, il se présentera en... indépendant, c'est-à-dire en solo. Il est considéré comme étant le plus fort, suivi par l'ancien député Émile Naufal, qui se déclare indépendant, et par Saïd Naufal. Le Amid du Bloc national, Carlos Eddé, s'est réuni avec François Bassil et Nazem Khoury. Mais il pourrait, si les tractations échouent, se présenter au Kesrouan, aux côtés de Mansour el-Bone.
Les contacts entre Baabda et Rabieh se poursuivent, par le biais d'intermédiaires, au sujet des deux circonscriptions de Jbeil et du Kesrouan. Les échanges d'idées sont répercutés par le député CPL Ibrahim Kanaan et Youssef Finianos des Marada, Sleimane Frangié ayant initié la tentative de conciliation.Les deux émissaires, opérant loin des feux de la rampe, partent du principe qu'au-delà des élections, il faut établir une entente globale entre le président Michel Sleiman et le général Michel Aoun. On sait que leurs relations sont pour l'heure tièdes et même tendues à cause de l'idée d'un bloc centriste, notamment défendue par Michel Murr. Michel Aoun s'en est irrité, jugeant que...
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