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Liban

Amine Khansa : Je n’ai pas eu peur, même enchaîné !

Le collégien de 14 ans, enlevé lundi matin à Ghobeiry, a été libéré hier par les Forces de sécurité intérieure.
Dans l'appartement de ses parents, assis dans un grand salon entre son père, sa mère et sa grande sœur, Amine sourit aux photographes qui se bousculent devant lui. Le jeune garçon de 14 ans, qui avait été kidnappé lundi matin devant son immeuble, n'a pas encore eu le temps de dormir depuis sa libération, hier à l'aube. Dès l'annonce de son retour, tous les proches de la famille, accompagnés d'une horde d'amis, de voisins et de collègues, se sont rendus au domicile des Khansa, à Ghobeiry, pour féliciter la famille de l'heureux dénouement de cette affaire. Amine n'a pas l'air d'avoir été malmené : seule une petite plaie, sur sa joue, rappelle qu'il a été bâillonné avec du ruban adhésif. Épuisé, mais visiblement calme et sûr de lui, il a accepté de raconter son aventure à L'Orient-Le Jour.
« Je descendais de chez moi pour aller à l'école, se souvient-il. C'était un lundi matin, tout ce qu'il y a de plus normal. J'attendais le car et j'ai vu une 4x4 devant moi. Je ne savais pas... C'est un truc habituel, il y a toujours des voitures que je ne connais pas qui sont garées devant chez moi. Mais là, il y avait deux gars. L'un d'entre eux est venu derrière moi et m'a poussé à l'intérieur de la voiture. Puis ils ont démarré en m'emportant avec eux. »
Les ravisseurs ont relativement bien traité Amine dans la voiture et pendant sa captivité, mais ils ont pris soin de l'empêcher de se débattre et d'appeler au secours. « Ils m'ont attaché les mains et les pieds avec du scotch, continue le jeune garçon. Ils m'ont bandé les yeux et ont essayé de me faire dormir, mais je n'y arrivais pas. »

Une captivité difficile
« Dans la maison, là-bas, ils ne m'ont pas crié dessus et ils ne m'ont pas frappé. Ils m'ont donné à manger et de l'eau quand j'avais soif. De la nourriture normale, quoi. Mais c'est surtout la façon dont ils m'ont fait dormir, avec les mains enchaînées, qui était insupportable. C'était un peu comme de la torture. Vous vous rendez compte, je ne pouvais pas bouger : si j'essayais de bouger les mains ou les bras, ça me faisait mal. Donc pour dormir, ce n'était pas évident. »
Amine affirme fièrement qu'il a gardé son courage et son sang-froid pendant toute la durée de sa captivité. « Au début, bien sûr, j'ai eu peur parce que j'étais surpris. Mais ensuite, j'étais confiant. Les gars m'ont tout de suite demandé le numéro de téléphone de mon père. Je savais que s'ils allaient l'appeler, mon père n'allait pas rester sans rien faire, je le savais. Mon père, je le connais depuis 14 ans. Je savais qu'il allait faire quelque chose, donc je n'avais pas peur. »

L'intervention des FSI
Sa libération est arrivée de manière inattendue, au milieu de la nuit. « Au bout de trois jours, vers trois heures et demie du matin, raconte-t-il, j'ai entendu un gros bruit : c'était la porte qu'on défonçait. Les policiers sont entrés et m'ont découvert. Ils ont d'abord pris des photos de moi, tout attaché, pour montrer la situation dans laquelle je me trouvais. Ensuite, ils ont défait mes liens et m'ont libéré. »
C'est dans une maison de location située sur les hauteurs de Aley que les Forces de sécurité intérieure ont retrouvé Amine. Selon un communiqué officiel, les policiers auraient dépisté les ravisseurs après avoir suivi une Renault garée à proximité de l'appartement de la famille. Cette filature les aurait menés à arrêter trois membres du gang, qui auraient avoué l'enlèvement et conduit la police jusqu'à la maison où un quatrième complice tenait enfermée la jeune victime. Plusieurs pièces à conviction ont été saisies sur les lieux, dont un spray qui aurait servi à immobiliser Amine ainsi que du ruban adhésif, des cordes, des chaînes et des masques.
Selon Jihad Khansa, le père d'Amine, l'unique mobile du crime était l'argent ; les kidnappeurs avaient demandé par téléphone une rançon d'un million et demi de dollars. « Je ne suis pas millionnaire, a confié M. Khansa, homme d'affaires spécialisé dans le commerce des voitures. Je suppose qu'ils voulaient voir jusqu'où je pourrais aller pour faire libérer mon fils. » Il dit ne pas comprendre pourquoi sa famille a été choisie comme cible par la bande. « Je sais que l'opération était en préparation depuis deux ou trois semaines, mais je ne sais pas pourquoi ils s'en sont pris à nous. En tout cas, cette affaire n'a rien à voir avec la politique. »
La famille d'Amine souhaite désormais laisser l'enquête suivre son cours et retrouver une vie normale après trois jours de cauchemar. Après la fête et les effusions du retour, le jeune garçon dit n'avoir qu'une envie : se reposer et retrouver ses amis à l'International College. Son enlèvement ne semble pas l'avoir traumatisé - lundi matin, comme une semaine auparavant, il descendra au pied de son immeuble et attendra son car pour aller à l'école.
Dans l'appartement de ses parents, assis dans un grand salon entre son père, sa mère et sa grande sœur, Amine sourit aux photographes qui se bousculent devant lui. Le jeune garçon de 14 ans, qui avait été kidnappé lundi matin devant son immeuble, n'a pas encore eu le temps de dormir depuis sa libération, hier à l'aube. Dès l'annonce de son retour, tous les proches de la famille, accompagnés d'une horde d'amis, de voisins et de collègues, se sont rendus au domicile des Khansa, à Ghobeiry, pour féliciter la famille de l'heureux dénouement de cette affaire. Amine n'a pas l'air d'avoir été malmené : seule une petite plaie, sur sa joue, rappelle qu'il a été bâillonné avec du ruban...
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