Le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a indiqué hier dans un entretien télévisé que le juge de la mise en état, Daniel Fransen, sur demande du procureur général du Tribunal spécial pour le Liban, a présenté aux autorités judiciaires libanaises « cinq requêtes distinctes, à savoir qu'elles doivent se dessaisir du dossier de l'assassinat de Rafic Hariri en faveur du tribunal, qu'elles transmettent l'ensemble du dossier comprenant tous les documents relatifs à l'affaire, ainsi qu'une liste complète des détenus, et ce dans un délai de 14 jours à partir de la notification de la demande ». M. Fransen a en outre demandé à la justice libanaise « de poursuivre de manière provisoire le dossier des détenus, le temps qu'il faudra pour que le TSL puisse se prononcer sur leur sort, et ce sans avoir précisé une date pour cette fin », a ajouté le ministre.
« Le juge de la mise en état a enfin appelé les autorités concernées à souscrire à sa demande », a encore précisé M. Najjar. Ce dernier a estimé que le TSL tranchera très probablement la question des quatre officiers détenus dans le cadre de l'affaire, « au cours du mois de mai prochain ».
Pour sa part, Akram Azouri, l'avocat de défense de l'ancien directeur de la Sûreté, le général Jamil Sayyed, a indiqué lors d'une intervention télévisée que le sort des détenus « n'est plus qu'une affaire de quelques jours ». L'avocat, qui a invité le gouvernement libanais à « prendre cette affaire au sérieux », a souligné que « la libération des détenus est désormais du seul ressort du TSL qui se prononcera dans les jours à venir ».