M. Gemayel a souligné l'intérêt que les Kataëb accordent aux habitants du Liban-Sud, « dont ils ont partagé les luttes, leurs longues souffrances à cause de leur attachement à leur dignité et à leur liberté ». Il a indiqué que son parti n'établit pas de distinction entre les chrétiens de la périphérie et ceux de la Montagne ou de Beyrouth. « Il considère le Liban comme un tout indivisible, un pays qui nous est cher dans son ensemble. Je n'ai aucun mérite à m'occuper des fils de Jounieh seulement. Mon devoir est de m'occuper des habitants de la frontière, du Libanais qui a souffert le martyre à cause de l'ami avant même l'ennemi et vice-versa et à qui les mains tendues sont parfois empoisonnées », a-t-il insisté.
Après avoir exposé son implication au Liban-Sud depuis les années soixante, M. Gemayel s'est dit content du rétablissement de la présence Kataëb à Marjeyoun, Bint-Jbeil et Hasbaya. « Voilà pourquoi nous avons restauré le bureau Kataëb à Aïn Ebl. Nous sommes en contact permanent (avec nos partisans) et nous essayons d'aider sans embarrasser personne », a ajouté le président Gemayel, avant de dénoncer l'injustice dont souffrent les habitants de la région, ainsi que « la punition qui leur a été infligée pour un crime qu'ils n'ont pas commis ». « L'État, a-t-il estimé, s'est retiré du Liban-Sud et a renoncé à ses devoirs, livrant cette région à l'OLP qui en a fait un Fatehland, laissant les habitants dans le désarroi. Lorsqu'il a opéré un retour dans la région, c'est pour les sanctionner parce qu'ils ont défendu leur terre et leur dignité ». Selon lui, l'État se doit d'assurer une vie digne à tous les habitants sur les 10 452 kilomètres carrés.
Les présidents des conseils municipaux de Aïn Ebl, Imad Khoury, et Debl, Akl Naddaf, devaient tour à tour prendre la parole par la suite, afin d'exposer les conditions socio-économiques et de sécurité difficiles des habitants du Liban-Sud. Ils se sont aussi arrêtés sur le phénomène de ventes de terrains, affirmant redouter des changements démographiques au détriment de la présence chrétienne au Liban-Sud. Ils ont aussi soulevé la question des Libanais qui se sont réfugiés en Israël, en 2000, ainsi que le problème des enfants nés dans ce pays et non enregistrés au Liban, précisant que ce problème ne concerne pas seulement la communauté chrétienne.
MM. Khoury et Naddaf ont aussi évoqué les indemnités à verser aux sinistrés de la guerre de juillet 2006 et toujours bloqués auprès du Haut-Comité de secours, ainsi que les aides au développement, précisant qu'une infime partie seulement parvient aux villages chrétiens. Ils se sont aussi arrêtés sur le dossier de l'hôpital de Marjeyoun, celui de l'ouverture d'une branche de l'Université libanaise au sud du pays et l'interdiction faite aux habitants des villages chrétiens de la bande frontalière de s'enrôler dans l'armée ou dans les Forces de sécurité intérieure.
M. Gemayel devait demander aux régionaux Kataëb du Liban-Sud de tenir un séminaire pour trouver des solutions à tous les problèmes posés et pour établir une étude sur la situation qui prévaut dans cette partie du pays, « afin que les Kataëb s'en occupent à un niveau national et non pas électoral ». Il a assuré que « chaque député Kataëb sera un représentant de Bint-Jbeil, de Marjeyoun et de toutes les régions du sud du pays au sein de la Chambre ». Le président Gemayel a aussi promis d'effectuer les contacts nécessaires avec les ambassades concernées pour que des projets de développement soient exécutés au Liban-Sud.


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