Ce deuxième forum ASPA (Amérique latine/pays arabes) se déroule deux jours avant un autre sommet, très attendu, celui du G20, qui regroupera jeudi à Londres les grands pays industrialisés et les principaux pays émergents.
Trois des pays présents à Doha (Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, Argentine et Brésil) font partie du G20.
« Nous ne construirons pas une architecture financière plus juste sans la réforme des organisations internationales », a déclaré dans son discours devant le sommet le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.
« Il n'y a que de cette manière que les pays qui ont le plus contribué à la crise financière, à la dégradation de l'environnement, aux déséquilibres du commerce et à l'insécurité collective assumeront leurs responsabilités », a-t-il encore affirmé, sans toutefois nommer ces pays.
Depuis le premier sommet ASPA, en 2005 à Brasilia, les échanges entre les deux blocs ont quasiment triplé. En 2007, ils atteignaient ainsi près de 18 milliards de dollars, dont 10,6 milliards d'exportations sud-américaines vers les pays arabes, selon la Chambre de commerce arabo-brésilienne.
Mais au-delà de cet aspect purement économique, ces sommets ASPA ont surtout, aux yeux de certains des participants, une portée géopolitique.
« Nous insistons depuis de nombreuses années sur un monde multipolaire et nous pensons que le sommet de Doha constitue une bonne occasion pour qu'il prenne forme », a déclaré hier à la presse le président vénézuélien Hugo Chavez, chef de file du camp populiste et antiaméricain en Amérique latine.
« L'heure de la chute définitive de l'empire américain est arrivée (...). Il est nécessaire d'accélérer le rythme vers la formation d'un monde multipolaire », a poursuivi M. Chavez, pour qui le sommet de Doha « fait partie d'une nouvelle dynamique géopolitique ».
Il a également prôné la formation d'une grande alliance énergétique et alimentaire entre les pays arabes et d'Amérique du Sud.

