Dans son premier rapport sur l'économie libanaise depuis l'éclatement de la crise mondiale, la banque britannique Standard Chartered prévoit un ralentissement de la croissance sur le plan local au cours des deux prochaines années, à 3 % en 2009 et à 3,5 % en 2010, contre 8 % en 2008. Selon le rapport, cité par le Lebanon Weekly Monitor de la Bank Audi, le Liban pourra ainsi profiter, malgré cette contraction, d'une croissance positive dans les deux années à venir, les prévisions étant même relativement élevées, en comparaison avec d'autres pays frappés de plein fouet par la crise. Ce scénario, plus ou moins optimiste, risque toutefois d'être perturbé par une détérioration de la situation politique et sécuritaire, avertit la banque, qui met l'accent sur la résilience dont a fait preuve jusque-là l'économie locale face aux chocs externes grâce, entre autres, aux niveaux élevés de liquidité et de profitabilité dont bénéficient les banques locales. Selon Standard Chartered, la forte réglementation du secteur bancaire a en effet permis aux banques locales d'éviter toute débâcle. Celles-ci seront ainsi en mesure de contribuer à la croissance au cours des 24 prochains mois, d'autant plus que le ratio crédits/dépôts, qui s'élève à 33 %, reste relativement bas par rapport à d'autres pays de la région. Toujours sur le plan bancaire, Standard Chartered souligne une augmentation des dépôts au premier mois de l'année. Le rapport note, par ailleurs, la part négligeable de la dette souveraine libanaise détenue par des investisseurs étrangers, ce qui devrait également limiter l'impact des chocs externes.
Au niveau des composantes internes de la croissance, le rapport table sur une hausse de 32 % des investissements publics en 2009, accompagnée d'une augmentation respective de 4,1 % et de 7,5 % de la consommation privée et publique.
L'avenir de l'économie libanaise dépend toutefois de nombreux facteurs externes, notamment de l'évolution de la réalité économique dans les pays du Golfe, ajoute le rapport, une grande partie des revenus touristiques et des transferts d'émigrés (qui représentent à eux seuls 20 % du PIB) provenant en effet de cette région, où résident plus de 30 % des expatriés. En parallèle, le Liban risque de faire face à un repli des investissements directs étrangers (IDE), dans le contexte de crise actuel. Ces investissements avaient atteint 3,6 milliards de dollars en 2008, soit 12 % du PIB.
Selon le rapport, les économies du Golfe n'encourent toutefois pas le risque d'une récession, mais feront face plutôt à un ralentissement, ce qui devrait se traduire sur le plan local par une légère baisse de l'activité touristique et immobilière ainsi que par une faible diminution des transferts provenant de l'étranger.
Enfin, le rapport met l'accent sur le poids de la facture pétrolière, qui avait augmenté de 28 % en 2008. Celle-ci devrait toutefois se contracter de 40 % cette année, à la lumière de la chute des cours mondiaux. La part des importations de dérivés pétroliers dans le total des importations passerait ainsi de 23 % en 2008 à 14 % cette année. Le rétrécissement de la facture pétrolière se répercutera positivement sur les finances publiques, ainsi que sur la balance externe, le ratio compte courant/PIB devant ainsi atteindre 11,5 % cette année et 9,5 % en 2010, contre 15 % en 2008, conclut le rapport.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Dans son premier rapport sur l'économie libanaise depuis l'éclatement de la crise mondiale, la banque britannique Standard Chartered prévoit un ralentissement de la croissance sur le plan local au cours des deux prochaines années, à 3 % en 2009 et à 3,5 % en 2010, contre 8 % en 2008. Selon le rapport, cité par le Lebanon Weekly Monitor de la Bank Audi, le Liban pourra ainsi profiter, malgré cette contraction, d'une croissance positive dans les deux années à venir, les prévisions étant même relativement élevées, en comparaison avec d'autres pays frappés de plein fouet par la crise. Ce scénario, plus ou moins optimiste, risque toutefois d'être perturbé par une détérioration de la...