Le PDG de General Motors (GM), Rick Wagoner, a démissionné de ses fonctions à la demande du gouvernement Obama et a cédé sa place à Fritz Henderson, directeur de l'exploitation du groupe depuis 2008 et ancien directeur financier. Ce départ est intervenu quelques heures avant la présentation par le président américain de son plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine.
« Nous ne pouvons pas, nous ne devons pas et nous ne laisserons pas disparaître notre industrie automobile », a promis Barack Obama en annonçant ce plan incluant des aides aux constructeurs et des incitations à l'achat. M. Obama a cependant averti qu'« il y a des emplois qui ne pourront être sauvés et des usines qui ne rouvriront pas », et que « des choix difficiles » devront être faits par GM et Chrysler, soutenus par les deniers de l'État. Pour sortir ces deux constructeurs de l'ornière, il a annoncé une série d'aides financières, tout en suggérant que ces groupes déposent leur bilan et se placent sous contrôle judiciaire, comme le permet le chapitre 11 de la loi sur les faillites, « pour les aider à se restructurer et à sortir plus forts » de la crise.
En France, la surprise est venue de PSA Peugeot Citroën qui s'est brutalement séparé dimanche de son patron Christian Streiff, deux ans après son arrivée, pour le remplacer par un dirigeant du groupe sidérurgique Corus, Philippe Varin, jugeant que l'intensité de la crise rendait nécessaire un tel changement.
Par ailleurs, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a annoncé hier une série de mesures destinées à soutenir un secteur automobile confronté à un plongeon catastrophique de ses ventes, afin de permettre aux entreprises de s'acquitter de leurs dettes. La chute du marché automobile russe en 2009 « pourrait atteindre jusqu'à 60 % par rapport à 2008 », a admis hier le ministre de l'Industrie russe, Viktor Khristenko, en référence à la dynamique des ventes sur janvier-février 2009. Pour y faire face, le premier constructeur du pays, Avtovaz, dont l'alliance Renault-Nissan détient 25 % du capital, va recevoir un prêt de 25 milliards de roubles (550 millions d'euros), a promis M. Poutine, qui effectuait avec M. Khristenko une visite au siège de l'entreprise à Togliatti, sur les bords de la Volga. Cet argent sera versé à l'actionnaire public du groupe, l'entreprise d'État Rostekhnologii, qui détient un quart de son capital et qui transférera les liquidités à Avtovaz sous forme de prêt à taux zéro. « Si cela est nécessaire, nous pourrons étendre le prêt » au-delà d'« un an », a précisé le Premier ministre.
Le secteur bancaire était également sous pression.
La Banque d'Espagne et le gouvernement ont dû sauver dimanche, pour la première fois depuis le début de la crise, un établissement financier, la Caisse d'épargne de Castille-la-Manche.
En Allemagne, l'État a entamé la nationalisation de la banque immobilière en faillite Hypo Real Estate (HRE), l'une des plus grandes banques du pays et symbole de la crise financière en Allemagne, en s'emparant de 8,7 % de l'établissement avant l'expropriation prévue des autres actionnaires.
En Suisse, UBS, la première banque du pays et le numéro un mondial de la gestion de fortune, pourrait annoncer d'ici à mercredi de nouvelles dépréciations d'actifs de 2 milliards de francs suisses dans les produits assurant les risques de crédit.
En outre, les valeurs financières étaient affectées par les propos du PDG de la banque américaine JPMorgan Chase selon qui le mois de mars avait été « un peu plus dur » que les deux précédents pour son établissement.
Le plongeon des valeurs financières a plombé Wall Street, et les Bourses européennes qui ont toutes chuté en clôture : -3,49 % à Londres, -4,27 % à Paris, -5,10 % à Francfort et -6,57 % à Milan. Plus tôt en Asie, la Bourse de Tokyo avait perdu 4,53 % et la Bourse de Hong Kong 4,70 %.
Au Japon, la production industrielle a subi en février une nouvelle très forte chute, après celle record de janvier.
En Espagne, pour la première fois depuis le début du calcul de l'inflation en 1961, les prix ont reculé en mars (-0,1 %) sur un an, mais le gouvernement ne veut pas croire à la déflation.
Toujours au chapitre des tristes records : la confiance des chefs d'entreprise et des consommateurs dans la zone euro est tombée à un nouveau plus bas historique en mars.
C'est dans ce contexte morose que se réuniront les dirigeants du G20 jeudi à Londres pour un sommet censé marquer un point décisif contre une crise historique, même si l'ambition d'une réponse commune risque de se heurter à des divergences entre priorités américaines et européennes.
Les Américains sont favorables à toujours plus de relance. Ce sera le message de Barack Obama qui participera à son premier G20 et fera ses premiers pas en Europe en tant que chef d'État.
Mais selon le Financial Times, citant un projet de communiqué final, les dirigeants du G20 renouvelleront leur promesse de lutter contre le protectionnisme, mais ne promettront pas un nouveau plan de relance.


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