Présenté partout dans le monde, le documentaire soulève l'enthousiasme général. Doublé en arabe, il a été présenté hier, pour la première fois, au centre culturel Safadi, à Tripoli, et doit être présenté dans les prochains jours à l'Université Saint-Joseph et au Collège Notre-Dame de Nazareth à un rassemblement d'élèves interscolaire.
L'imam Mohammad Ashafa et le pasteur James Wuyi ont participé hier à une conférence de presse organisée par Adyan, à l'hôtel de ville. Tour à tour, M. Ramez Salamé, président du Réarmement moral au Liban, Fadi Daou, fondateur d'Adyan, ainsi que l'imam Ashafa, le rév. James et l'un des coproducteurs du film, le Palestinien Imad Karam, ont pris la parole pour expliquer le sens de cette action de sensibilisation.
Succès et souffrances
« Nous venons partager avec vous les succès et les souffrances de tout processus de réconciliation et d'établissement de la paix, a expliqué le révérend James. Nous tenions à faire le contact, d'abord, avec la presse, qui est le miroir fidèle de la société. Vous détenez entre vos mains les clés de la paix et de la guerre. Ce que vous dites peut faire ou défaire des processus. Nous nous adressons surtout aux jeunes. L'avenir leur appartient. Les souffrances de leurs parents ne devraient pas leur être transmises. »
Certes, ont expliqué le pasteur et l'imam, les guerres civiles au Nigeria et au Liban ne sont pas très comparables. Et pour commencer, le Nigeria est un État qui compte plus de 140 millions d'habitants, appartenant à 250 ethnies différentes. D'autre part, la guerre civile au Nigeria n'a duré que trente mois. Il reste qu'elle s'est terminée par un slogan familier aux Libanais « ni vainqueur, ni vaincu », qui a aidé à la reconstruction du tissu social et au rétablissement de l'ordre.
« Durant cette guerre, j'ai perdu un bras, a précisé le pasteur, et l'imam a perdu des membres de sa famille et son maître spirituel. Mais cette guerre qui a commencé à être un conflit ethnique, pour se muer en conflit idéologico-religieux, s'est achevée sur un apprentissage de la réconciliation. »
De son côté, l'imam a souligné qu'ils n'étaient pas là pour enseigner, « mais pour apprendre ».
Une expérience amère
De façon significative, les deux hommes ont affirmé qu'ils regrettaient l'amère expérience de la guerre civile. « Ma souffrance, a dit le pasteur James, c'est que cette guerre a fait des veuves que je ne souhaite pas voir sur mon chemin et qui, souvent, ne veulent pas me voir. Mon grand regret est de n'avoir pas connu les voies du dialogue plus tôt. Si je les avais connues, je ne me serais pas battu. »
Des projections du film auront lieu aujourd'hui au campus des sciences et technologies de l'USJ (11 heures), demain jeudi 26 mars au Collège Notre-Dame de Nazareth (11 heures) devant un groupe interscolaire, vendredi 27 à 11 heures, à l'amphithéâtre Aboukhater à 19 heures, en présence d'un représentant du chef de l'État et du ministre de l'Information.


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