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Économie

La BCE hésite à recourir aux mêmes armes que la Fed

Les Banques centrales américaine et britannique se sont lancées dans des politiques de haute voltige pour tenter de relancer leurs économies, mais la Banque centrale européenne se montre réticente à s'engager dans cette voie.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mercredi qu'elle allait acheter jusqu'à 300 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme. Elle entend ainsi faire baisser les taux à long terme et par conséquent le coût des emprunts obligataires lancés par les entreprises, dans un marché du crédit toujours atone.
La Fed emboîte, avec cette initiative de politique monétaire dite « non conventionnelle », le pas à la Banque d'Angleterre (BoE) qui avait fait de même début mars.
Depuis le début de la crise, les grandes banques centrales ont mis des milliards de liquidités sur les marchés pour tenter de relancer le crédit et l'économie, et ont abaissé massivement leurs taux d'intérêt, la Fed et la BoE jusqu'à quasiment zéro.
Depuis l'aggravation de la situation mi-septembre, elles ont progressivement amorcé des politiques dites d'« assouplissement quantitatif », qui visent à relancer l'économie via la création massive de monnaie.
La Banque du Japon (BoJ) a notamment racheté des actions, la Fed des billets de trésorerie (crédit interentreprises), des dettes émises par les agences de refinancement hypothécaire, et la BoE la dette à court terme des entreprises.
La BCE a pour sa part fourni aux banques de sa zone des lignes de crédit illimitées assorties de son principal taux d'intérêt directeur (1,5 %), et a considérablement élargi la liste d'actifs admis en garantie.
Jean-Claude Trichet, président de la BCE, a indiqué que celle-ci étudiait d'éventuels « moyens complémentaires », mais laisse pour l'instant entendre qu'il n'entend pas se lancer dans le rachat de bons du Trésor.
« Alors que le système financier des États-Unis s'appuie essentiellement sur le marché, celui de la zone euro est centré sur les banques », et ce sont donc elles que la BCE cherche prioritairement à refinancer, a-t-il justifié.
Le traité de Maastricht interdit par ailleurs à la BCE de financer les États, par des découverts ou le rachat direct de titres de dette, « même si cela peut être contourné à travers le marché secondaire », où la dette des États s'échange entre opérateurs privés, note Jean-Michel Six, chef économiste pour l'Europe de Standard and Poor's.
En outre, la Fed et la BoE ont en face d'elles un gouvernement et un marché obligataire unique alors que la BCE est une organisation supranationale face à 15 États et autant de marchés obligataires.
La situation de ses États membres varie aussi considérablement. L'Allemagne et la France ne sont pas véritablement menacées de déflation ou de difficultés de financement public, contrairement à l'Irlande ou l'Espagne, par exemple.
« Comment la BCE peut-elle choisir les bons du Trésor à acheter ? 20 % de bons irlandais, 10 % de français ? Sur le plan politique cela poserait de gros problèmes », remarque M. Six, même si le rachat de bons du Trésor ciblé sur les pays les plus en difficulté serait le meilleur moyen de les soutenir.
Mais « cela aurait aussi pour effet de réduire les écarts de taux entre les différents États membres et la BCE n'y tient pas », poursuit M. Six. Alors que le pacte de stabilité est virtuellement suspendu, le coût de la dette demeure le seul garde-fou qui retient les gouvernements de faire trop glisser leur endettement et leurs déficits.
Le Fonds monétaire international a d'ailleurs conseillé jeudi aux banques centrales de continuer à recourir aux mesures non conventionnelles pour stimuler l'économie et le crédit, mais juge que l'achat de titres de dette interentreprises serait « beaucoup plus efficace que l'achat de bons du Trésor ».
Les Banques centrales américaine et britannique se sont lancées dans des politiques de haute voltige pour tenter de relancer leurs économies, mais la Banque centrale européenne se montre réticente à s'engager dans cette voie.La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé mercredi qu'elle allait acheter jusqu'à 300 milliards de dollars de bons du Trésor à long terme. Elle entend ainsi faire baisser les taux à long terme et par conséquent le coût des emprunts obligataires lancés par les entreprises, dans un marché du crédit toujours atone.La Fed emboîte, avec cette initiative de politique monétaire dite « non conventionnelle », le pas à la Banque d'Angleterre...
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