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Liban - Pause Verte

La jungle multicolore des affiches

Il y a quelques jours se trouvait à Beyrouth le maire de São Paolo, Gilberto Kassab, pour une visite officielle. Ce jeune politicien très en vue au Brésil est l'auteur de plusieurs décisions importantes, mais une d'elles attire particulièrement l'attention : les mesures strictes qu'il a prises pour organiser le chaos des affiches publicitaires dans les rues de sa grande ville, et combattre ce qu'il a justement appelé « la pollution visuelle ».
Pour visuelle qu'elle est, cette pollution n'est pas moins réelle qu'une autre, et à peine moins nocive. Au Liban, nous avons d'ailleurs le loisir d'en constater les méfaits, puisque toutes nos rues et autoroutes (ce que nous appelons ainsi en tout cas) en sont inondées. Non seulement la laideur est ainsi généralisée, mais cette « pollution » s'avère aussi létale qu'une autre : combien d'accidents, en effet, causés par la distraction du chauffeur en raison des multiples messages qui l'interpellent continuellement, qu'ils soient accompagnés de la photo d'une jolie fille ou de rondelles de mortadelle ?
Cette jungle sauvage semble s'étendre à l'infini, en l'absence de tout garde-fou. Les affiches multicolores grimpent sans effort sur les toits d'immeubles, les façades, les ponts pour piétons, sans oublier une occupation totale des bords de routes et des espaces mitoyens. Toujours plus hautes, plus agressives, plus envahissantes... N'est-ce pas normal dans une jungle ? Il faut être le plus fort pour survivre, toujours écraser les autres, sinon c'est la mort (traduire ici par invisibilité).
Dans cette affaire, l'ennemi n'est pas la publicité en tant que telle, loin s'en faut. Mais pourquoi ne pas mettre de l'ordre dans ce chaos ? Il y aurait du bénéfice pour tout le monde, y compris les publicités qui resteront. Les municipalités, aussi, devraient penser au bénéfice qu'elles retireraient de rendre plus agréables leurs quartiers. Juste une idée : pourquoi ne pas planter plus d'arbres dans des villes où on étouffe, au lieu de planter davantage de paysages hétéroclites ?
Il est judicieux de parler de cette prolifération incontrôlée en ce moment précis. Ne sommes-nous pas à moins de trois mois à peine des élections ? Des candidats de tous bords commencent déjà à nous accorder la joie de contempler leurs inratables tronches sur les routes, et cela ira de mal en pis à mesure que l'on se rapprochera du scrutin. Et, comme d'habitude, on aura droit aux photos de ces messieurs et de ces dames bien plus longtemps que prévu, puisque, une fois la fièvre du vote passée, beaucoup « oublieront » de retirer leurs portraits des rues.
S'il n'est pas mis un terme à la prolifération des affiches et au manque d'espaces verts, en parallèle avec le combat contre la pollution de l'air, la qualité de vie des citadins poursuivra sa dégringolade. Et la plupart des quartiers de nos villes continueront de ressembler à des jungles multicolores.
Il y a quelques jours se trouvait à Beyrouth le maire de São Paolo, Gilberto Kassab, pour une visite officielle. Ce jeune politicien très en vue au Brésil est l'auteur de plusieurs décisions importantes, mais une d'elles attire particulièrement l'attention : les mesures strictes qu'il a prises pour organiser le chaos des affiches publicitaires dans les rues de sa grande ville, et combattre ce qu'il a justement appelé « la pollution visuelle ». Pour visuelle qu'elle est, cette pollution n'est pas moins réelle qu'une autre, et à peine moins nocive. Au Liban, nous avons d'ailleurs le loisir d'en constater les méfaits, puisque toutes nos rues et autoroutes (ce que nous appelons ainsi en tout cas) en sont inondées. Non seulement la laideur...
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