Toutefois, cet appel ne sera pas suivi par tous les syndicats, semble-t-il. C'est ainsi que le président du syndicat général des chauffeurs de taxi, Marwan Fayyad, a appelé ses adhérents à ne pas participer à la grève, fort des promesses faites par le chef du gouvernement, Fouad Siniora. Ces promesses portent notamment sur le réajustement des prestations de la CNSS, dont bénéficient les chauffeurs de taxi, dont une partie des cotisations est subventionnée par des fonds publics.
Par ailleurs, des projets d'exemption des taxis de la taxe mécanique sont à l'examen et font l'objet d'un projet de loi qui sera soumis au vote aujourd'hui.
Au demeurant, la question des transports publics est trop complexe pour être réglée à coups de grève. Les chauffeurs de taxi se plaignent en particulier de la concurrence que leur livrent les autobus et minibus qui fonctionnent au mazout. Ils réclament en fait un plan général de transports publics qui prévoirait, en particulier, des aires de stationnement (sous le pont de Dora en particulier), tout en réclamant la baisse de la taxe forfaitaire perçue par l'État sur le prix du bidon d'essence.
Il semble douteux qu'une telle détaxation soit arrachée si facilement au gouvernement, l'essence et les dérivés pétroliers étant l'une des principales sources de rentrée du Trésor.
Il reste que la manifestation d'aujourd'hui pourrait être amplifiée par un apport de jeunes venus manifester, à l'appel de la CGTL, qui confond le social et le politique, pour l'abaissement de l'âge du vote à 18 ans.
Les professeurs de l'UL
Par ailleurs, au lendemain de la grève des enseignants du primaire public, les professeurs de l'Université libanaise ont observé un sit-in, hier, devant le ministère de l'Éducation nationale, Unesco, pour réclamer une fois de plus la titularisation de ceux qui remplissent les conditions académiques qui les qualifient à cette fin.
Le président de la Ligue des professeurs à plein-temps, M. Hamid Hakam, a harangué la foule des manifestants, avant de rendre public un communiqué énumérant les revendications des professeurs. Ces derniers réclament notamment le relèvement de 64 à 68 ans de l'âge de la retraite pour les professeurs d'université, comme c'est le cas pour les magistrats. Ils estiment en effet que leur formation universitaire retarde le début de leur carrière et que le relèvement de l'âge de la retraite compenserait ce retard, en ce qui concerne les indemnités de fin de service.
Le communiqué précise qu'une proposition de loi en ce sens figure à l'ordre du jour de la séance de l'Assemblée nationale, aujourd'hui, et ont pressé les députés de l'approuver.
M. Hakam a mis en garde le gouvernement contre tout atermoiement et menacé de recourir à la grève, pour obtenir satisfaction. Il a rappelé que le gouvernement a déjà admis que nombre de professeurs contractuels sont qualifiés pour devenir cadrés, mais que le clientélisme retarde ou entrave ce processus.
Dans un communiqué indépendant, la Ligue des professeurs a par ailleurs demandé à l'Assemblée nationale de rejeter un projet d'amendement de la loi 63/2008, présenté par le ministre des Finances et relatif au calcul de leurs indemnités de fin de service, estimant que ce projet réduit cette indemnité « de presque la moitié » de son montant.
Pour sa part, la ministre de l'Éducation nationale, Mme Bahia Hariri, s'est réunie avec le recteur de l'Université libanaise, Zouheir Chokr, avec lequel elle a examiné les multiples questions en rapport avec l'Université : titularisation des contractuels, bien sûr, mais aussi nomination des doyens et des assemblées des facultés qui en sont privés, assainissement des finances, etc.
Hospitalisation
Signalons pour finir qu'au lendemain d'une visite du président du syndicat des hôpitaux privés au Sérail, le ministre de la Santé, Mohammad Jawad Khalifé, a affirmé que les décisions gouvernementales relatives à l'unification des tarifications en vigueur dans le secteur public seront appliquées et que les réserves exprimées à ce sujet par la Coopérative des fonctionnaires ont été aplanies, du fait même que cet organisme garant relève directement de la présidence du Conseil.
De ce fait, la crise actuelle relative à l'hospitalisation des fonctionnaires et catégories assimilées, comme les enseignants du public, est en voie de règlement.
Toutefois, revenant à la charge, la CGTL a réclamé hier un assainissement des finances de la CNSS, et notamment le rétablissement des cotisations du patronat à leur niveau antérieur, « avant tout examen d'un relèvement des tarifs des actes médicaux ».
Cette demande est toutefois jugée tout à fait irréaliste, dans les milieux concernés, qui l'inscrivent au compte des surenchères sociales insolubles, en l'état actuel des choses.


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