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Liban

Sleiman : Rétablir les prérogatives de la présidence

« Nous devrons, après les élections, nous attaquer à la tâche de l'amendement des accords de Taëf (...) N'ayez pas peur de ceux qui vous menacent (...) Continuez à résister et à défendre la révolution du Cèdre. »
À côté des traditionnels discours sur l'amitié entre la France et le Liban, ce sont des propos vigoureux et relativement neufs que le président Sleiman a fait entendre, à Paris, lors de la deuxième journée de sa visite d'État en France.
La journée a été marquée, en particulier, par une spectaculaire montée des Champs-Élysées en cortège officiel, sous les applaudissements et vivats de centaines de Libanais agitant le drapeau national, sous un soleil printanier.
Les thèmes de l'amitié séculaire entre les deux pays et l'engagement de la France et de son peuple aux côtés du Liban ont dominé les allocutions et les entretiens entre le chef de l'État et ses hôtes, d'abord à la mairie de Paris puis au palais du Luxembourg, siège du Sénat, enfin au palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale, où il s'est entretenu avec le président Bernard Accoyer.
Le président Sleiman a saisi l'occasion de sa présence au palais du Luxembourg pour réaffirmer sa conviction que le Liban devrait se doter d'un Sénat, à l'instar d'autres démocraties dans le monde.
Le président libanais, qui s'adressait à un groupe restreint de journalistes entre sa réunion avec le président du Sénat, Gérard Larcher, et le déjeuner que le maître de céans donnait en son honneur, a rappelé les avantages du système bicaméral, expliquant qu'une deuxième Assemblée d'élus libanais renforcerait notre démocratie et assurerait une meilleure représentation des Libanais.
Le président a rappelé que notre Constitution, après Taëf, prévoit la formation d'un Sénat, et que sa création chez nous « sera une expérience d'avant-garde, et, en tout cas, utile pour créer un meilleur équilibre au sein de l'État ».
« Cet équilibre, a-t-il ajouté, ne sera pas toujours confessionnel, mais peut être également économique ou régional. »
Et le chef de l'État de se dire convaincu que les Libanais sauront créer un jour la commission chargée de l'abolition du confessionnalisme politique, dont l'une des tâches sera de mettre en place un Sénat.
Avec le sénateur Larcher, l'entretien a également porté sur les élections législatives et sur le climat démocratique et la transparence qui devront les marquer. De son côté, le sénateur Larcher a rendu hommage à la fonction de rassembleur du président.

Au Pavillon Dauphine
Après un crochet par l'Assemblée nationale, où il s'est entretenu avec le président Bernard Accoyer, le président Sleiman s'est rendu à la grande réception donnée en son honneur au Pavillon Dauphine par l'ambassadeur du Liban, M. Boutros Assaker.
Devant plus de trois mille invités, le chef de l'État a commencé par dire que le chemin de la réédification du Liban avait commencé à Paris, à l'occasion du sommet de l'UPM, en juin dernier.
Il a ajouté qu'il œuvre, depuis, pour la concrétisation du contenu de son discours d'investiture, notamment la réédification de l'État avec le soutien des Libanais du pays et d'outre-mer, dont il a fait l'éloge.
« Nous ramenons le Liban sur la carte politique internationale », a poursuivi le président de la République qui a estimé que le moment est venu pour que les Libanais demandent des comptes aux gouvernants.
Et d'ajouter : « J'ai porté le cœur et les soucis du Liban hors de nos frontières et il était nécessaire de rétablir nos relations avec l'étranger en commençant par la Syrie. Aujourd'hui, le drapeau libanais flotte à Damas et le drapeau syrien à Beyrouth. D'ici à un mois, les deux ambassadeurs seront en activité dans leurs chancelleries respectives. »
« Nous avons entrepris le tracé de la frontière libano-syrienne et entamé l'étude du dossier des personnes détenues en Syrie et des Syriens disparus au Liban, a-t-il ajouté. Nous travaillons dans le cadre des Nations unies et dans un esprit de coopération avec notre environnement arabe et international, notamment les pays qui ont envoyé leurs fils se battre aux côtés de l'armée libanaise pour protéger le Liban. Nous avons participé au sommet de Doha et à d'autres rencontres régionales, et notre cri a été entendu. »

Une lente normalisation
« Nous avons traversé la crise financière mondiale et nos avoirs ont atteint aujourd'hui 21 milliards de dollars, a enchaîné le président. Le processus de normalisation à l'intérieur est lent, mais il se poursuit avec un certain nombre de faits positifs. »
Pour le président, les élections législatives auront lieu et le gouvernement de « l'unité et de la lutte contre la corruption sera formé ».
Après avoir souligné « la cohésion entre le peuple, l'armée et la résistance », et jugé qu'en raison de cette situation « Israël n'osera plus attaquer le Liban », M. Sleiman a réaffirmé que « l'armée est restée et restera unie ».
« Notre pari se fonde sur les jeunes, notamment sur vous qui êtes à l'étranger et qui participez à l'édification et au développement de votre pays d'accueil. Nous devons après les élections nous attaquer à la tâche de l'amendement des accords de Taëf, afin de rétablir les prérogatives et l'autorité du chef de l'État, qui doit lui seul parler au nom du Liban, avec le soutien du gouvernement, des institutions et du peuple », a-t-il ajouté.
« N'ayez pas peur de ceux qui vous menacent d'atteintes à la sécurité et répondez-leur par votre vote au prochain scrutin. Continuez à résister et à défendre la révolution du Cèdre. Le tribunal international est bel et bien lancé et il désignera et condamnera les coupables qui ont commis des attentats et provoqué des pertes en vies humaines », a encore dit Michel Sleiman.

Nazek Hariri et Jacques Chirac
Le chef de l'État a clôturé sa deuxième journée de visite officielle en France par un dîner de travail restreint à l'hôtel Matignon avec le Premier ministre François Fillon.
Signalons, pour finir, que le président Sleiman a eu l'occasion de s'entretenir, hier, avec Mme Nazek Hariri, épouse du Premier ministre assassiné, et l'ancien chef de l'État français, Jacques Chirac.
« Nous devrons, après les élections, nous attaquer à la tâche de l'amendement des accords de Taëf (...) N'ayez pas peur de ceux qui vous menacent (...) Continuez à résister et à défendre la révolution du Cèdre. »À côté des traditionnels discours sur l'amitié entre la France et le Liban, ce sont des propos vigoureux et relativement neufs que le président Sleiman a fait entendre, à Paris, lors de la deuxième journée de sa visite d'État en France.La journée a été marquée, en particulier, par une spectaculaire montée des Champs-Élysées en cortège officiel, sous les applaudissements et vivats de centaines de Libanais agitant le...
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