Le président libanais avait reçu auparavant un accueil officiel au salon d'honneur de l'aéroport d'Orly. Il a été accueilli au nom du président français par le ministre d'État Patrick Devedjian. Le corps diplomatique arabe, ambassadeur du Liban en tête, et des dizaines de personnalités françaises et libanaises étaient là aussi pour saluer le président libanais avant qu'il n'embarque à bord d'un hélicoptère militaire escorté de deux autres, les trois appareils représentant les trois armes.
Sur l'esplanade des Invalides, le convoi de limousines officielles attendait ainsi que deux pelotons de la garde républicaine à moto et à cheval.
Le cortège s'est dirigé vers l'hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de la France, jouxtant l'Élysée. D'importantes mesures de sécurité étaient prises avec des centaines de policiers et de gendarmes le long du boulevard des Invalides et sur les toits des immeubles avoisinants.
Après quelques instants de repos en son lieu de résidence et des concertations avec ses collaborateurs et les trois ministres qui l'accompagnent dans ce voyage (Faouzi Salloukh, Mohammad Safadi et Ziyad Baroud), le général Sleiman s'est rendu à l'Élysée où le président Sarkozy l'attendait sur le perron. Après une chaleureuse poignée de main, et après avoir passé en revue la garde d'honneur aux sons de la fanfare, les deux présidents regagnaient un des salons du palais présidentiel pour environ trente minutes d'entretiens. « Un tour d'horizon », a déclaré le président Sleiman avant de quitter l'Élysée à pied pour regagner son lieu de résidence. Et de préciser, en réponse aux questions d'une centaine de journalistes et de cameramen, que la situation au Liban et dans la région a été évoquée ainsi que des questions bilatérales. Le président français, a dit Michel Sleiman, a réaffirmé le soutien de la France qui se manifeste dans divers domaines, ajoutant que les vues françaises et libanaises étaient concordantes sur diverses questions, dont la crise dans la région et le conflit israélo-palestinien.
En réponse à une question sur la symbolique de sa visite, le président Sleiman a estimé que c'est là une réaffirmation de l'appui de la France au Liban et à son peuple. Il a ajouté que ce soutien se concrétise et se renforce de jour en jour dans les domaines économique, politique et culturel. « Nous avons parlé des élections libanaises », a indiqué le président Sleiman, répondant à la question d'un journaliste, mais d'une manière générale. Il a ajouté que le scrutin de juin prochain se déroulera dans un climat démocratique et dans la transparence.
Prié de dire si la question de négociations libano-israéliennes avaient été discutées, le président Sleiman a rappelé que la position du Liban est claire à ce sujet et qu'elle se base sur l'application par Israël des résolutions des Nations unies que l'on connaît. Il a affirmé pour conclure cet entretien avec la presse que la France ne permettra aucun règlement dans la région au détriment des intérêts du Liban.
De source proche de l'Élysée, on apprend que le président Sarkozy a exprimé sa joie de rencontrer son homologue libanais en ami mais aussi en tan que représentant d'un pays qui compte beaucoup pour la France. Le président Sarkozy a également dit, selon cette source, combien la politique de la France est forte au chapitre du soutien au Liban.
Le chef de l'État français a ensuite, selon des milieux proches de l'Élysée, évoqué avec son hôte la situation au Liban, considérant qu'il y a une amélioration depuis les accords de Doha et l'élection du président Sleiman à la première magistrature, ajoutant que le Liban peut compter sur l'amitié indéfectible de la France et du peuple français pour continuer à accompagner le Liban sur la voie de l'indépendance et de la souveraineté.
Confirmation ensuite par un responsable de l'Élysée de l'évocation lors de l'entretien Sarkozy-Sleiman des prochaines élections libanaises, le leader libanais assurant que celles-ci se tiendront dans de bonnes conditions en même temps que continuera à progresser le dialogue national interlibanais.
Le président Sarkozy aurait confirmé à son hôte la participation d'observateurs français dans le cadre d'une équipe européenne qui aura la charge de surveiller et de vérifier le bon déroulement du scrutin.
La France ne soutient aucune partie au Liban, a encore dit la source élyséenne, mais soutient uniquement le dialogue et le consensus, rappelant que la France appuie effectivement le Tribunal spécial pour le Liban et refuse toute politisation de son activité.
En conclusion, la source a affirmé que les relations libano-syriennes ont été évoquées par les présidents Sarkozy et Sleiman et que le chef de l'État français s'est félicité des progrès réalisés au niveau de l'instauration de relations diplomatiques entre les deux pays.
En soirée, un dîner d'État a été donné à l'Élysée par le président Sarkozy en l'honneur du président et de Mme Michel Sleiman, en présence de plus de trois cents personnalités françaises et libanaises. Des discours de circonstance ont été prononcés à l'heure des toasts et le chef de l'État français a remis à son hôte les insignes de la Grande Croix de la Légion d'honneur en signe de soutien et d'amitié au Liban et à son président.

