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Économie - Sécheresse

L’agriculture jordanienne obtient un sursis

La Jordanie n'y croyait plus, mais en mars pluie et neige ont offert un sursis au secteur agricole d'un des dix pays les plus pauvres en eau du monde.
« La pluie nous a sauvés de la sécheresse, Dieu soit loué ! » s'exclame auprès de l'AFP Abdul Karim Troudi, les yeux rivés sur ses quatre hectares de terres agricoles de Chuneh, à l'ouest de la capitale Amman. « Nous étions sur le point de connaître la pire sécheresse de ces 20 dernières années », souligne-t-il.
Depuis le début du mois, les cieux ont apporté sous forme de pluie et de neige au moins 50 millions de mètres cubes d'eau, une bénédiction pour un pays qui compte 92 % de désert.
À la faveur de ces précipitations, les neuf barrages du royaume sont désormais remplis à près de 50 %. Dans d'autres circonstances, et d'autres contrées, on parlerait volontiers d'ouvrages à moitié vides. Pas en Jordanie, où la situation paraissait désespérée.
En décembre et janvier, les appels à prier pour la pluie, relayés jusqu'au roi Abdallah II, n'avaient produit aucun effet. En désespoir de cause, le ministère de l'Eau avait même été contraint d'interdire la culture des récoltes estivales, notamment de certains légumes, une décision sur laquelle il n'est finalement revenu qu'in extremis.
« Cette interdiction aurait fait beaucoup de mal aux agriculteurs et à l'économie », commente Adnane Abdelnour, secrétaire général adjoint au ministère de l'Agriculture.
« La pluie a été très tardive cette année, c'était vraiment très mauvais pour nous », confirme Hani Aziz, qui cultive sur trois hectares tomates et aubergines à Karemeh (Nord-Ouest). « La situation est meilleure à présent » juge-t-il.
M. Abdelnour reste, lui, prudent.
« Il est trop tôt pour dire si le manque de pluie en début de saison n'a pas provoqué de dégâts (...). Nous le saurons fin avril », au début du long et torride été jordanien, note-t-il. « Nous espérons d'autres pluies », souligne encore ce responsable.
Car les précipitations de mars n'ont offert qu'un simple sursis au secteur agricole jordanien, qui compte pour 3,6 % du produit intérieur brut (PIB).
Dans la vallée du Jourdain, fleuve en péril, 25 000 hectares sont cultivés (légumes, bananes, agrumes). Les besoins en eau du secteur agricole sont énormes : plus de 60 % des 900 millions de m3 consommés chaque année dans le royaume... un chiffre global qui devrait atteindre 1,6 milliard à l'horizon 2015.
Or, conséquence du changement climatique, les épisodes de sécheresse sont appelés à se multiplier.
« Les pluies ont permis de repousser le danger (...) mais nous avons définitivement besoin de davantage d'eau, résume Adnane Zubi, un responsable du ministère de l'Eau. Les gens doivent avoir conscience de cela. » Les agriculteurs « devraient apprendre à exploiter de manière plus efficace (leurs terres), par exemple avoir recours à de meilleurs systèmes d'irrigation », avance pour sa part Khalil Jaran, du Centre national pour la recherche et le développement agricoles.
À ce jour, quelque 8 000 fermiers sont approvisionnés, à hauteur de 250 millions de m3, par le « canal roi Abdallah II », long de 110 km et qui redistribue l'eau des maigres rivières du nord.
Accusées de négliger le secteur par une partie de la profession, les autorités se tournent vers d'autres recours, comme la production d'eau dessalée, l'exploitation des réserves aquifères de Disi (Sud), vieilles de 300 000 ans, et le projet de canal mer Rouge-mer Morte. Plus bas point du globe, cette dernière s'assèche un peu plus chaque jour.
La Jordanie n'y croyait plus, mais en mars pluie et neige ont offert un sursis au secteur agricole d'un des dix pays les plus pauvres en eau du monde.« La pluie nous a sauvés de la sécheresse, Dieu soit loué ! » s'exclame auprès de l'AFP Abdul Karim Troudi, les yeux rivés sur ses quatre hectares de terres agricoles de Chuneh, à l'ouest de la capitale Amman. « Nous étions sur le point de connaître la pire sécheresse de ces 20 dernières années », souligne-t-il.Depuis le début du mois, les cieux ont apporté sous forme de pluie et de neige au moins 50 millions de mètres cubes d'eau, une bénédiction pour un pays qui compte 92 % de désert.À la faveur de ces...
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