Maronite de père et de mère depuis la naissance de la famille Aoun, je vous adresse cette lettre en réponse au courrier de Mme Khalifé parue dans votre journal du vendredi 13 mars.
Avec tout le respect que nous devons tous témoigner à la hiérarchie religieuse et au patriarche, chef suprême de notre religion, je me permets humblement d'apporter quelques éclaircissements sur le rôle qu'a joué l'Église maronite dans l'histoire récente de notre pays.
Nous ignorons peut-être que, quelque temps avant la guerre civile de 1860, ce fut Mgr Toubia Aoun, alors évêque maronite de Beyrouth, qui contribua à l'armement des maronites de la Montagne et aux soulèvements des paysans contre les émirs et les cheikhs, eux-mêmes maronites, qui les dominaient.
Cela, évidemment, avec la bénédiction du patriarche de l'époque.
Ce soulèvement, d'abord social, fut mal perçu par l'autorité régnante de l'époque ainsi que par la communauté druze, laquelle en profita pour régner sur la Montagne, suite aux massacres que nous connaissons.
Plus grave encore fut l'intervention du patriarche qui menaça d'excommunication Youssef Karam et tous ceux qui voulaient continuer leur marche pour sauver leurs compatriotes, alors que ceux-ci se faisaient massacrer à Zahlé et ailleurs.
Ce revirement inattendu lui fut, paraît-il, dicté par la France. Pour des raisons politiques évidemment : la guerre de Crimée étant finie, il s'agissait d'obtenir des concessions et de plaire au sultan.
Comme Mme Yvonne Khalifé, ces faits me furent rapportés par mes grands-parents qui eux-mêmes les avaient obtenus de leurs parents.
Ces parents qui avaient fui leurs maisons et s'étaient réfugiés à l'époque dans ce qui est aujourd'hui dénommée « Dahieh »!
Pierre AOUN
Histoire vécue...
Papillon couleur jaune sur mon pare-brise, alors que ma voiture était garée normalement, comme tous les jours depuis plusieurs années, en bas de chez moi. Mais pas n'importe lequel : celui qui n'est ni payable par LibanPost ni même celui payable à la caserne des FSI. Non ! Celui à payer au Palais de justice. Fort de mon plein droit, je me rends au poste de police de Gemmayzé pour demander une explication. Aucun panneau, aucune signalisation, rien ne dit qu'il est défendu de se garer dans cette rue, à cet endroit qui ne gêne personne. Je vous laisse deviner la réponse de l'agent en treillis : « Le code de la route libanais interdit à tout le monde de se garer dans ces rues, et s'il n'y a pas de panneaux interdisant le stationnement, cela ne veut pas dire qu'il est permis de se garer ! » (sic).
Après moultes tergiversations, j'apprends que l'officier, excédé ce jour-là par les embouteillages, a décidé de faire place nette. Toutes les voitures de cette rue se sont donc payé une contravention. Faut-il en rire ou en pleurer ? À ce train-là, je crois que les Beyrouthins vont finir hilares...
François MEHANNA


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