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Sport

Lyon, ce nain européen

Étrillé par Barcelone, Lyon n'a malheureusement plus les moyens de jouer dans la cour des grands en Ligue des champions. Un constat cinglant pour le septuple champion de France, mais qui doit interpeller l'ensemble du football français. L'OL ne peut plus cacher la misère à lui seul. Le printemps européen, le vrai, celui de la Ligue des champions, se passera donc à nouveau de Lyon. Autant dire du football français puisque l'OL est son unique représentant crédible à ce niveau. Est ? Ou était ? Depuis la raclée catalane de mercredi soir (5-2), on peut s'interroger. Certes, les Lyonnais ont disparu pour la troisième fois consécutive au stade des huitièmes de finale. Mais les circonstances de cette sortie n'ont rien à voir avec les précédentes. Quand les Gones sont tombés face à la Roma il y a deux ans, on a pu parler de surprise. La saison passée, face à Manchester, ils avaient nourri un soupçon de regret, celui de ne pas avoir assez osé à Old Trafford.
Cette fois, rien de tout ça. Lyon a été balayé, emporté par une équipe dont le football lui échappe, dont la maîtrise collective et la qualité technique sont tellement loin de ce que les Lyonnais peuvent proposer aujourd'hui. Dans les couloirs du Camp Nou, le manque de regrets chez les joueurs ne trompait d'ailleurs pas après la débâcle.
Lyon n'est pas dans la déception, celle qui avait suivi les défaites à Milan en 2006 ou à Eindhoven, un an plus tôt, mais dans le constat. Celui-ci est implacable. Il y a aujourd'hui autant de différence entre le Barça et Lyon qu'entre l'OL et le dernier quart de la Ligue 1, ce championnat que les Rhodaniens dominent toujours, mais sans le survoler. Sur la base d'une première période de haute volée à Gerland lors du match aller contre Barcelone, l'OL a voulu croire qu'il pouvait gravir cet Everest. Mais il peine déjà, cette saison, à escalader la butte Montmartre en championnat. Si l'écart se resserre en L1, le nivellement s'effectue par le bas pendant qu'au niveau européen, les grands montent toujours plus haut et vont toujours plus vite. Lyon ne suit plus. Les autres, n'en parlons même pas.

Aulas : Il faut garder les meilleurs joueurs
Ce dangereux glissement était prévisible. Depuis trois ans, Lyon a vu un grand nombre de cadres s'en aller vers des cieux plus prestigieux et/ou plus lucratifs: Diarra au Real, Essien et Malouda à Chelsea, Abidal à Barcelone, voire Tiago à la Juve. Pour pallier ces départs, faute de moyens, Jean-Michel Aulas fait son marché chez ses concurrents en Ligue 1. Cela ne suffit plus. L'OL remplace, mais ne compense pas. « Notre élimination, admet le président lyonnais, c'est aussi la traduction que le football d'élite français n'est pas du tout à la hauteur de ses concurrents étrangers.
Comment faire en sorte de garder nos meilleurs joueurs et comment avoir des revenus TV qui soient à la dimension du Barça qui touche trois à trois fois et demie ce que touche le meilleur club français, Lyon ? »
Dans quelques semaines, Lyon sera peut-être sacré champion de France pour la huitième fois. Ou pas. Peu importe au fond. L'Europe s'en fout. L'OL est un grand club français, mais un nain continental. Un borgne au pays des aveugles. Un caïd de quartier noyé dans une métropole trop grande pour lui. Ce n'est pas sa faute. Pour prendre des raclées face au Barça en huitièmes, au moins faut-il y être. Mais à ce rythme, l'OL lui-même n'aura plus ce triste privilège. Si rien ne bouge d'ici à trois ans, il ne passera même plus le premier tour.
Étrillé par Barcelone, Lyon n'a malheureusement plus les moyens de jouer dans la cour des grands en Ligue des champions. Un constat cinglant pour le septuple champion de France, mais qui doit interpeller l'ensemble du football français. L'OL ne peut plus cacher la misère à lui seul. Le printemps européen, le vrai, celui de la Ligue des champions, se passera donc à nouveau de Lyon. Autant dire du football français puisque l'OL est son unique représentant crédible à ce niveau. Est ? Ou était ? Depuis la raclée catalane de mercredi soir (5-2), on peut s'interroger. Certes, les Lyonnais ont disparu pour la troisième fois consécutive au stade des huitièmes de finale. Mais les circonstances de cette sortie n'ont rien...
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