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La crise et la dette

Dans ce contexte de crise économique et à la lueur de la visite à New York effectuée par le gouverneur de la BDL, il serait intéressant de comparer la dette des deux pays. En effet, il n'y a pas que la dette publique du Liban qui inquiète. Selon le site électronique du Trésor américain, la dette aux États-Unis a augmenté de 4,3 trillions entre 2001 et 2008 pour atteindre plus de 10 trillions. Ce dernier chiffre représente 75% du PIB américain, ce pourcentage n'étant que de 33% en 1980. Sachant qu'en moyenne, la dette augmente deux fois plus que le déficit américain et que ce dernier est estimé par Barack Obama à 1,7 trillion en 2009, nous pouvons prédire une augmentation de la dette de 2,4 trillions pour constituer au moins 94 % du PIB. La différence entre le déficit budgétaire et la variation de la dette est due à une sécurité sociale calamiteuse, et au coût des guerres en Afghanistan et en Irak.
Les experts ayant prévu une croissance nulle en 2009, dans un scénario très optimiste, la croissance atteindra 3% en 2010 et 6% en 2011, tandis que la dette dépassera le PIB.
Le Liban détient un record mondial en raison de sa dette, qui constitue environ le double de son PIB.
Les États-Unis semblent sur le point de rattraper notre cher pays. Superpuissance ou superdette ?

Élias Martin MOUAWAD

Radars,  attention !

Radars antennes, relais, des mots qu'on entend souvent ces jours-ci et qui comportent plusieurs sens. Aux entrées de la capitale, ne soyez pas étonné de voir de grands panneaux rouges qui défient tous les autres panneaux publicitaires en vous annonçant : « Attention, région observée par les radars. »
D'autre part, avec le début des travaux du tribunal de La Haye, estimons-nous heureux d'être enfin, et pour une fois, en mains sûres, surtout avec la récente déclaration du juge Bellemare à L'Orient-Le Jour annonçant l'installation à Beyrouth d'une antenne du bureau du procureur du Tribunal spécial pour le Liban. Cette antenne servira de base aux enquêteurs qui se chargeront de missions régulières au Liban afin de recueillir tous les témoignages. Une antenne et des radars qu'on espère donc plus efficaces cette fois pour permettre aux forces de l'ordre non seulement d'intercepter les chauffards et de sanctionner les infractions des automobilistes, mais aussi de poursuivre les preneurs d'otages et de supprimer tous les lieux interdits d'accès à l'État de droit, car la chance ne vient pas deux fois. La communauté internationale, en libérant la justice libanaise de ce lourd dossier, a voulu certainement briser les errements de la géopolitique internationale et mettre un terme à l'instrumentalisation du Liban. Sortons donc de ce marasme et tournons vite la page du passé pour édifier la patrie dont nous rêvons depuis si longtemps.

Antoine SABBAGHA

Symboles

Si le Tribunal spécial pour le Liban a été un sujet sur lequel les États-Unis et la France se sont retrouvés après avoir divergé sur la question de la guerre en Irak, les deux protagonistes ont probablement misé sur le fait qu'une commission spéciale d'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri - menée à terme par Daniel Bellemare, désigné par la suite pour être le procureur de ce TSL - était un moyen de faire pression sur la Syrie, dont le rôle a toujours été considéré comme étant pour le moins néfaste au Moyen-Orient.
Mais cela se passait à l'époque où MM. George W. Bush et Jacques Chirac étaient encore présidents.
Avec l'avènement au pouvoir de MM. Barak Obama et Nicolas Sarkozy, et leurs vœux pieux de dialogue avec les pouvoirs réfractaires à la démocratie, le TSL ne risque-t-il pas de faire les frais de cette ouverture sur les suspects de ces assassinats politiques en voulant éviter de déstabiliser leur régime dont on préfère se servir de tampon dans la région ? C'est ce que pense en tout cas l'éditorialiste du Monde du 28 février 2009, qui met l'accent sur les alliances imprévisibles dans cette région du monde où trois priorités feront toujours peser la balance dans un sens comme dans un autre :
- la sécurité d'Israël ;
- le pétrole ;
- la méfiance à l'égard de l'islam.
Rafic Hariri était un symbole. Le tribunal créé pour juger ses assassins n'est pas plus qu'un symbole. Sa sentence sera symbolique : on ne pourra plus tuer en toute impunité. Tous ceux qui ont péri avec lui, avant lui et après lui n'auront que leurs larmes pour se consoler.

Ferial Mitri ASSHA

L'honneur de Bkerké

Maronite de par mes deux parents, petite-nièce du patriarche Hanna el-Hajj (frère de ma grand-mère paternelle), mon sang n'a fait qu'un tour suite à la campagne diffamatoire contre la personnalité, digne du plus grand respect, du patriarche actuel, qui, au vu et au su de tous, a toujours prôné l'indépendance du Liban, contrairement à ceux qui veulent soumettre le pays du Cèdre à l'axe syro-iranien. Il est le digne descendant de la lignée des patriarches qui, depuis des siècles, sont non seulement les garants de la présence chrétienne au Liban, mais également les défenseurs de la souveraineté et de l'indépendance de notre pays.
À cette occasion, il me revient en mémoire une anecdote historique entendue dans mon enfance. Avant la Grande Guerre de 1914-1918, l'empereur allemand Guillaume II, allié de la Turquie, avait souhaité visiter le Liban, qui à cette époque était sous occupation ottomane. Le patriarche de l'époque, qui souffrait des sévices de l'occupant envers le peuple, a refusé de recevoir l'empereur Guillaume II, allié du sultan.
Et, ultime camouflet à l'allié de l'oppresseur : il était de bon ton, suivant le protocole de l'époque, d'ouvrir, paraît-il, toutes grandes les fenêtres du palais patriarcal de Bkerké pour souhaiter la bienvenue aux souverains étrangers que l'on voulait honorer. Lorsque la flotte de Guillaume II parvint au large des côtes libanaises en face de Bkerké, toutes les fenêtres de la résidence patriarcale étaient hermétiquement closes.
C'est le souvenir qui me reste de cette anecdote, souvent évoquée par mes parents et grands-parents lorsque j'étais enfant.
Si j'ai omis un détail suite à un oubli, j'en appelle aux historiens qui voudraient parfaire ce témoignage et mes souvenirs.

Yvonne KHALIFÉ
La crise et la dette Dans ce contexte de crise économique et à la lueur de la visite à New York effectuée par le gouverneur de la BDL, il serait intéressant de comparer la dette des deux pays. En effet, il n'y a pas que la dette publique du Liban qui inquiète. Selon le site électronique du Trésor américain, la dette aux États-Unis a augmenté de 4,3 trillions entre 2001 et 2008 pour atteindre plus de 10 trillions. Ce dernier chiffre représente 75% du PIB américain, ce pourcentage n'étant que de 33% en 1980. Sachant qu'en moyenne, la dette augmente deux fois plus que le déficit américain et que ce dernier est estimé par Barack Obama à 1,7 trillion en 2009, nous pouvons prédire une augmentation de la...
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