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Nos lecteurs ont la parole

Wilayat al-faqih

Par Albert SARA
Deux mots mystérieux que des journalistes ont fait sonner pendant plus d'une année, de 2007 à mai 2008, croyant chaque fois qu'ils allaient gêner le Hezbollah, en lui collant le nom de « parti de Wilayat al-faqih ». Ils pensaient, dans leur savoir-faire professionnel, provoquer de la part de Hezbollah soit une rectification, soit du moins une mise au point. Dans tous les cas, obliger ce parti à « sortir de sa tanière » et reconnaître qu'il est d'obédience hors frontières.
Durant plus d'une année, ils se demandaient sans cesse : mais Nasrallah n'est pas timide, pourquoi craindrait-il d'avouer ses liens avec Wilayat al-faqih ?
Peine perdue. Jusqu'au jour où, la prééminence sur la scène politique ayant changé de camp par l'élection victorieuse de Michel Sleiman, le Hezb a cherché à regagner du terrain en abattant une de ses cartes surprises dont il a le secret. L'occasion était facile à créer :
Le lendemain même de l'investiture du nouveau président - pour une fois, cible manquée par le Hezb -, soit le lundi 26 mai, une manifestation monstre était déjà organisée, avec un discours les plus retentissants de sayyed Hassan Nasrallah (le journal an-Nahar du 27/5 a écrit : durée, plus d'une heure).
Nous nous excusons de citer un peu longuement ce passage, mais qu'il dévoile, pour la première fois, la franche identité du Hezbollah, impliquant ses buts politiques clairs de façon insusceptible de variation (an-Nahar du 27/5/08 p. 9, col. 5) : « Beaucoup se sont imaginés qu'à travers leur service de propagande, ils nous feraient injure en nous collant le titre de Wilayat al-faqih (traduire : " l'autorité du jurisconsulte "). Eh bien, je proclame aujourd'hui que je suis fier d'être membre du parti Wilayat al-faqih, ce faqih équitable, savant, sage, courageux, véridique, sincère. » (traduction littérale).
Alors, vous qui déplorez  que nous subissions la présence d'un état dans l'État, vous vous demandez où se trouve ce personnage doué d'un ensemble de vertus surhumaines, bénéficiant en même temps d'une allégeance que lui voue le puissant Hezbollah, une allégeance politico-religieuse inconditionnelle. Suivez les nouvelles écrites et télévisées : vous apprendrez que ce personnage s'appelle Ali Khamenei et réside à Téhéran, investi de l'Autorité du jurisconsulte (Wilayat al-faqih) qui lui vaut d'être au-dessus même de Ahmadinejad, et même l'égal du chef de l'État. Il est tellement conscient de son pouvoir qu'en 2006, en pleine crise irano-américaine, la presse a publié sa déclaration sensationnelle : « L'Amérique sera vaincue au Liban. » Les dernières photos de TV le montrent au même niveau que le chef de l'État.
Devant ces considérations, on se pose un tas de questions sur le dialogue dont certains persistent à espérer un rétablissement de la situation, alors que, dès à présent, le Hezbollah exige que le système délétère du « tiers de blocage » soit conservé sous la prochaine législature. Il y a là une bonne marge de réflexion pour le lecteur.
Deux mots mystérieux que des journalistes ont fait sonner pendant plus d'une année, de 2007 à mai 2008, croyant chaque fois qu'ils allaient gêner le Hezbollah, en lui collant le nom de « parti de Wilayat al-faqih ». Ils pensaient, dans leur savoir-faire professionnel, provoquer de la part de Hezbollah soit une rectification, soit du moins une mise au point. Dans tous les cas, obliger ce parti à « sortir de sa tanière » et reconnaître qu'il est d'obédience hors frontières.Durant plus d'une année, ils se demandaient sans cesse : mais Nasrallah n'est pas timide, pourquoi craindrait-il d'avouer ses liens avec Wilayat al-faqih ?Peine perdue. Jusqu'au jour où, la prééminence sur la scène...
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