Le 7 juin prochain, ce sont finalement deux blocs qui s'affronteront. Massifs, disgracieux, plus très élégants, car enivrés par la perspective d'une victoire qui demeure, d'un côté comme de l'autre, bien frêle encore. Deux blocs finalement tellement prévisibles...
Ce ne sont pas eux qui pourront mutuellement se voler la vedette. Cette tâche, ce sont les électeurs de tous bords, de toutes confessions, qui la rempliront. Qui devront la remplir, car toutes les conditions s'y prêtent. Le scrutin 2009 est de loin la meilleure cuvée et restera inscrit dans les annales, au moins sur le plan logistique et technique. Les observateurs européens se bousculent à notre porte, le scrutin se déroulera en un seul jour, la carte électorale a été abolie, les circonscriptions ont été (re)liftées...
Les responsables de ce pays ont donc pour une fois, dans un domaine précis - et non des moindres -, fourni des efforts conséquents. Ils ont fait de leur mieux. Et il est du devoir de tout citoyen de le reconnaître, donc d'agir en conséquence et d'aller voter. Car dans la mêlée et au milieu du béton féodal, du rouleau compresseur autoritaire et du populisme rampant, les exceptions existent. Il ne reste plus aux Libanais - et aux Libanaises - qu'à leur donner une vie politique, une deuxième existence, mais, cette fois, place de l'Étoile.
Le moment est venu pour les citoyens de ce pays de faire connaître leurs attentes et non pas de se suffire à celles de leurs dirigeants. C'est dans ce sens que devraient se construire les politiques publiques et non pas autrement. Or, il n'est jamais trop tard pour corriger une aberration. Faire connaître ses revendications, c'est user et abuser du lobbying, c'est réclamer des choses simples, faciles à réaliser, mais qui, sur le terrain, changent la vie de la collectivité et la facilitent. Voter pour celui ou celle qui est le plus à même de concrétiser ses aspirations citoyennes, une résolution a priori simple à prendre. Pour la respecter et la faire aboutir, il reste encore des obstacles historiques, confessionnels et moraux à franchir. Plus que trois mois pour s'exercer. Pour ne pas flancher à la dernière minute face aux seigneurs des courants d'air, qui disparaissent aussitôt le couvercle des urnes fermé.

