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Culture - Théâtre

« Bomba silicone » à tout casser

Traduite et mise en scène par Lina Saneh, « Bomba silicone » est une comédie de mœurs signée Abir Hamdar et présentée à la LAU à l'occasion de la Journée internationale de la femme.

La principale actrice de Bomba silicone n'est pas, comme le titre de la pièce pourrait l'indiquer, une bombe sexuelle. Il est vrai qu'à l'instar de Pamela Anderson, elle est caractérisée par une hypertrophie mammaire de texture siliconée, mais la ressemblance (physique, du moins) s'arrête là. Fadwa Salemeh n'est pas une blonde peroxydée, moulant sa taille de guêpe dans un maillot rouge échancré. Ni tatouage sur le biceps droit ni attitude de «sex symbol crâneuse». Plutôt bobonne que bimbo, plutôt grincheuse qu'aguicheuse, la Fadwa se promène en jogging bleu ciel pendouillant au niveau du genou. Ses frisures brunes sont nouées à la hâte. Un tee-shirt blanc et un sweater noué à la taille complètent la tenue vestimentaire de l'ineffable
personnage.
Nous sommes à Beyrouth. Un certain jeudi 20 juillet 2006. Ce jour-là, derrière un canapé de salon, Fadwa Salemeh fait des exercices de gymnastique. Nous saurons plus tard qu'elle suit un entraînement intensif pour perfectionner «sa position de fertilité». Mais, pour le moment, étalée par terre, elle zappe.
Au 8e jour de l'agression israélienne, l'actualité télévisée n'est pas rose. Elle est plutôt rouge sang. Dans un Liban exsangue, de Marwahine à Haret Hreik, en passant par Cana et Aitaroun, les martyrs se multiplient. La voix du reporter rapporte, dans l'urgence: «Un véritable carnage, une famille entière a péri dans les décombres, dont un bébé de quarante jours.» Fadwa lance un cri de bête dont on décortique les petits. Un cri craché et recraché, rauque presque jusqu'à l'obscène, comme un écho têtu à ceux des victimes. Elle arrive à se traîner vers le guéridon d'où elle décroche le téléphone et compose avec frénésie le numéro du Dr Machin. Son psychiatre pour la soutenir dans ce moment de détresse? Elle se heurte au répondeur. Après plusieurs tentatives, elle arrive finalement à joindre la secrétaire. Cette dernière lui fait savoir que le docteur a pris la fuite, avec sa famille, pour la France. «C'est la guerre madame, pourquoi auriez-vous besoin aussi urgemment d'un chirurgien plasticien?» «Mes prothèses ont éclaté et la silicone est en train d'atteindre mon cœur.» Et paf! La nouvelle éclate. Comme une bombe à retardement. C'est donc cela qui la faisant souffrir autant?
La secrétaire médicale (Souha Choucair), francophile, et Mme Fadwa (Lama Maraachli), anglophile, se livrent alors à un dialogue téléphonique assez cocasse. Mais sous le vernis frivole, le sérieux, voire le pathétique, croupit.


Insécurité affective
L'une rêve de partir pour la France, de subir une opération esthétique et de participer à la Star Ac'. L'autre semble avoir apparemment réalisé tous ses rêves: se marier, «faire du silicone» et obtenir la «Green Card». Mais les apparences sont trompeuses. Le mari s'est avéré être impuissant et sans le sou (son ex, dont il est toujours amoureux, lui a tout raflé). Quant à la carte de séjour américaine, elle ne peut pas en profiter puisqu'elle est bloquée à Beyrouth pour cause de guerre.
Souffrances et espoirs d'une femme, sa solitude, son insécurité affective, sa peur de la mort et sa vie dans un pays qui vire à la violence en moins de temps qu'il ne faut pour éclater un ballon.
Il convient, ici, de lancer une fleur au département théâtre de la LAU qui nous offre, avec ses productions mises en scène par les professeurs, un échantillonnage assez varié du théâtre sous toutes ses formes et variantes contemporaines. Lina Saneh revient avec Bomba silicon vers la comédie de mœurs légère en apparence, mais grinçante.
Elle nous fait découvrir une jeune auteure, Abir Hamdar, à suivre. Hamdar est née et a passé son enfance au Nigeria. Elle a fait ses études à la Lebanese American University où elle a obtenu un diplôme en journalisme. Elle est également titulaire d'un masters en littérature anglaise de l'AUB et d'un doctorat de l'institut des études orientales et africaines de l'Université de Londres. Ses articles et récits sont publiés dans diverses revues.

La principale actrice de Bomba silicone n'est pas, comme le titre de la pièce pourrait l'indiquer, une bombe sexuelle. Il est vrai qu'à l'instar de Pamela Anderson, elle est caractérisée par une hypertrophie mammaire de texture siliconée, mais la ressemblance (physique, du moins) s'arrête là. Fadwa Salemeh n'est pas une blonde peroxydée, moulant sa taille de guêpe dans un maillot rouge échancré. Ni tatouage sur le biceps droit ni attitude de «sex symbol crâneuse». Plutôt bobonne que bimbo, plutôt grincheuse qu'aguicheuse, la Fadwa se promène en jogging bleu ciel pendouillant au niveau du genou. Ses frisures brunes sont nouées à la hâte. Un tee-shirt blanc et un sweater noué à la taille...
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