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Liban - Nominations

Les permutations judiciaires ont été politisées, affirme l’opposition

Applaudies par les uns, critiquées par les autres, les permutations judiciaires ont continué de susciter une polémique, même une fois finalisées. 
Annoncées vendredi soir, les nominations au sein de l'appareil judiciaire ont suscité le mécontentement de l'opposition qui s'est interrogée sur leur timing aussi bien que sur leur teneur. Et pour cause : elles ont été politisées, accusent le Hezbollah et le Courant patriotique libre, quand bien même elles ont fait l'unanimité au sein du Conseil supérieur de la magistrature.
Dans un communiqué, le Hezbollah a affirmé qu'il « espérait que la justice puisse rester loin de l'exploitation politique. Or les permutations judiciaires ont été bel et bien politisées », a précisé le parti chiite qui a également critiqué le « timing ambigu» de ces nominations « qui ont été finalisées en milieu d'année », précise le texte du communiqué.
Revenant à la charge, le parti chiite a indiqué que « nul n'a besoin de méditer longtemps pour comprendre que ceux qui ont été désignés à des postes importants ne cachent pas leur allégeance politique à un camp déterminé ». Et le communiqué de conclure en s'interrogeant : « La justice n'a-t-elle donc pas suffisamment souffert jusque-là d'un manque d'indépendance et de l'absence d'équité au niveau de ses prestations ? »
Pour sa part, le député du Bloc du changement et de la réforme, Nehmetallah Abi Nasr, qui a avoué dès le départ n'avoir pas pris connaissance des détails du décret des nominations, a « regretté que la justice libanaise soit devenue politisée à un point tel que chaque magistrat a désormais son titre et son allégeance politique ». M. Abi Nasr a cependant fait remarquer que la responsabilité de cette déviation « incombe aux politiques eux-mêmes qui s'immiscent dans la sphère judiciaire ». Bien qu'ayant qualifié l'annonce des permutations judiciaires de « positive », car « elles auraient dû avoir lieu depuis bien longtemps », le député a estimé qu'il est naturel qu'elles comportent certaines failles, « vu la nature même de la politique au Liban et de l'affiliation politique des juges ». « Par conséquent, a ajouté le député, certains (magistrats ) vont s'estimer heureux et d'autres lésés ».
Le député d'Amal, Ali Bazzi, s'est contenté pour sa part d'affirmer qu'il n'a pas pris connaissance des nominations, soulignant que son parti « n'a d'ailleurs pas interféré à ce niveau ». « Mais quelle que soit notre opinion à ce propos, il semble toutefois que tous les dossiers ne font pas l'objet d'une entente préalable », a-t-il dit, signifiant que l'opposition n'a pas eu son mot à dire.
Parmi ceux qui ont salué la décision des permutations, le chef de l'État, Michel Sleiman, qui a indiqué que les désignations judiciaires, « prises à l'unanimité par le CSM, constituent un pas important sur la voie de la consolidation de l'indépendance du pouvoir judiciaire ».
Réagissant aux critiques qu'il a qualifiées de « hâtives », le ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, a estimé que celles-ci étaient de nature « politique ». M. Najjar a tenu à préciser que son devoir de ministre lui dictait « d'accorder la priorité au secteur judiciaire ». Dans un entretien télévisé, il a rappelé au passage que la question des permutations judiciaires, « qui traîne depuis des années sans qu'elle ne soit résolue, a suscité des remous aussi bien dans les rangs des avocats et des magistrats que parmi les Libanais ». Ainsi, « il était évident que le CSM planche en premier lieu sur une proposition globale et complète en termes de permutations qu'il a fini par adopter à l'unanimité », a expliqué M. Najjar qui a démenti par ailleurs les propos selon lesquels il y aurait eu des voix discordantes au sein du CSM. « L'adoption du décret avec cette unanimité et cette rapidité reflète une urgence qui consiste à accorder à la justice toute sa crédibilité. »
Affirmant avoir respecté jusqu'au bout l'indépendance du CSM sans jamais se mêler du travail de cette instance, le ministre a indiqué que son objectif était « d'accorder à la justice toute la priorité et de la doter de l'efficacité dont elle a besoin, afin qu'elle puisse passer de la phase du déséquilibre à celle de la stabilité dans la fonction ». « Car, a-t-il ajouté, il n'est pas possible d'entamer l'échéance électorale sans une justice fiable. »

Annoncées vendredi soir, les nominations au sein de l'appareil judiciaire ont suscité le mécontentement de l'opposition qui s'est interrogée sur leur timing aussi bien que sur leur teneur. Et pour cause : elles ont été politisées, accusent le Hezbollah et le Courant patriotique libre, quand bien même elles ont fait l'unanimité au sein du Conseil supérieur de la magistrature. Dans un communiqué, le Hezbollah a affirmé qu'il « espérait que la justice puisse rester loin de l'exploitation politique. Or les permutations judiciaires ont été bel et bien politisées », a précisé le parti chiite qui a également critiqué le « timing ambigu» de ces nominations...
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