Rappelant les nouvelles responsabilités que l'armée libanaise a été appelée à assumer, le rapport met l'accent sur l'importance du nouveau rôle qui incombe désormais à l'institution militaire en tant que « force de stabilisation au P-O », dont le renforcement pourrait à l'avenir ébranler la logique défendue par le Hezbollah concernant son arsenal. Le texte explique qu'au lendemain du retrait des troupes syriennes du Liban, l'institution militaire a été contrainte de redéfinir sa mission d'autant que cette dernière a eu à faire face à plusieurs défis sur le plan interne, notamment au cours de la série noire des assassinats politiques et au lendemain de la guerre menée par Israël contre le Liban en 2006.
Le CSIS met en outre l'accent sur le fait que l'armée libanaise a « prouvé qu'elle était l'une des rares institutions au Liban à avoir réussi à gagner la confiance d'une large partie des citoyens, toutes communautés confondues ». Cependant, insiste le rapport, sa capacité de développement au cours de la période qui s'étend entre 2005 et 2008 « ne reflète pas l'accroissement de son rôle institutionnel sur le plan de la sécurité intérieure aussi bien que régionale ».
L'analyse révèle en outre que l'armée libanaise s'est imposée au fil du temps en tant que force combattante aux capacités certaines et comme une institution véritablement représentative.
Le rapport enchaîne ensuite sur des recommandations visant à soutenir et à consolider l'institution militaire pour l'année à venir. Parmi les conseils prodigués par le Centre d'études stratégiques, celui de mettre un terme à toute tentative de la part des camps politiques adverses en présence de contrôler ou de tenter de réorienter l'institution militaire dans un sens comme dans un autre. En outre, souligne le rapport, « toute velléité de renforcer l'armée libanaise dans l'objectif de la pousser à combattre le Hezbollah échouera », à cause notamment de la forte présence chiite au sein de l'institution, soit près de 30 % de ses effectifs, précise le texte.
Le rapport indique enfin que la politique des États-Unis à l'égard de l'armée libanaise reste « confuse et sape les efforts US visant à appuyer et à soutenir l'armée », d'où la nécessité pour l'administration américaine « de mette fin à ses ambiguïtés en tranchant la question de savoir si oui ou non elle compte fournir à l'armée libanaise des systèmes d'armement lourd ».
Dans un article publié hier par le Haaretz, Zvi Bar'el va dans le même sens en rappelant les nouvelles responsabilités que l'armée a été appelée à assumer, notamment au lendemain de la guerre de 2006, lorsqu'elle s'est déployée au Liban-Sud. L'auteur rappelle que des promesses ont été faites à l'institution militaire en termes d'approvisionnement en équipement moderne, mais souligne qu'il n'en fut rien en réalité. À titre d'exemple, Bar'el cite les chars M-60 et les hélicoptères Cobra promis par les Américains, et qui se trouvent à ce jour parqués en Jordanie aux côtés d'un équipement vétuste dont le royaume jordanien voudrait se débarrasser. Et l'auteur de rappeler que l'armée n'a jamais pu obtenir les hélicoptères Cobra du fait du veto israélien imposé au Pentagone.


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