Avec les intempéries, neige à la montagne, inondations sur le littoral, le Libanais doit parfois dans ses déplacements attendre presque deux heures pour parcourir une vingtaine de kilomètres et arriver à son lieu de travail. Sa journée démarre donc avec l'angoissante question du pouvoir d'achat.
Que pourra-t-il acheter, en ce début de mois, avec un salaire qui fond plus vite que la glace.
Et puis il y a la croissance, l'emploi, le retour d'un cousin ou d'un voisin, qui étaient bien rémunérés dans un pays arabe... Autant de nouvelles qui s'amoncellent comme des nuages noirs et lui font sur la tête l'effet d'un coup de foudre.
Si nos politiciens brillent actuellement par leur absence, évitant ainsi de se pencher sur nos problèmes, pourquoi ne pas penser, à travers nos associations assez nombreuses d ailleurs, à consacrer une journée, qu'on baptisera la Journée des gens dérangés, afin de protester contre le fléau de l'électricité qui n'en finit plus, l'eau potable qui vient au compte-goutte et parfois nous arrive imbuvable avec des odeurs nauséabondes sans oublier les puanteurs émanant des égouts.
Une journée encore pour ne pas croire à certains responsables qui ne cessent de répéter que nous ne sommes pas concernés par la récession mondiale.
Nazira A. SABBAGHA
Le baril et le siège
En écoutant les diatribes de certains de nos leaders, une vieille anecdote me revient en mémoire. Il y a fort longtemps, un simple bourgeois imbu de sa personne pose sa candidature aux élections législatives. La tournée pré-électorale s'impose donc. Dans le village voisin, quelques curieux se rassemblent pour l'accueillir. Ils l'installent sur un baril transformé en estrade. Il commence, avec emphase, à lire un discours creux, préparé pour lui par quelqu'un. Mais les gens ont vite fait de s'ennuyer et de se disperser. En plein discours, il constate qu'il n'y avait plus devant lui qu'une seule personne. Il s'arrête net et lui demande pourquoi il n'est pas parti comme les autres. Et l'autre de répondre : « Ce baril est à moi ; j'attends que tu en descendes pour le reprendre sinon je vais le perdre. »
Et nous, Libanais, nous devons veiller, lors des élections à venir, à reprendre des sièges sur lesquels nous avons installé des personnes qui ne les méritent pas et qui risquent de nous les faire perdre, de les briser même, sous le poids de leurs bêtises.
L'annonce faite l'autre jour par Mgr Béchara Rahi représente une première mise en demeure. Quand le patriarche parle, c'est au nom de tout le Liban et pour le bien de tous les Libanais dispersés aux quatre coins du monde. Quand le patriarche parle, il ne cherche pas à gagner des voix aux urnes, ni un siège au Parlement. Il ne cherche que le bien de tous. Qui est qualifié pour se permettre de le critiquer ? L'Assemblée nationale est-elle meilleur juge ? Peut-elle voir autre chose que le siège auquel ses membres aspirent et pour lequel ils seraient disposés à nous marcher dessus pour y parvenir ?
Élias BOUEZ


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