Après plusieurs jours de reports de séance, les groupes parlementaires ne parvenant pas à se mettre d'accord, la majorité des 165 députés présents (sur les 235 siégeant au Parlement) a adopté un budget de 58,9 milliards de dollars, amputé d'un quart par rapport au premier projet du gouvernement élaboré l'été dernier.
Depuis, le gouvernement avait lui-même déjà revu à la baisse le budget par deux fois, le faisant passer de 80 à 67, puis à 62 milliards de dollars, en raison de la chute des cours du pétrole, dont l'exportation est la principale source de revenus du pays. Établi en coopération avec le Fonds monétaire international (FMI), l'ancien projet de budget 2009 avait été élaboré sur des prévisions d'un baril à 62,5 dollars. Ce prix est actuellement tombé autour de 45 dollars.
Le budget final a été établi sur la base d'un baril à 50 dollars et sur l'exportation de deux millions de barils par jour.
« Le gouvernement sait que ce n'est pas réaliste », a commenté le vice-président du Parlement, cheikh Khaled al-Attiya.
« Cette baisse du budget (par rapport au projet du gouvernement, NDLR) est directement liée à la chute des prix du pétrole », a-t-il expliqué.
En 2009, le déficit se montera à 20,3 milliards de dollars et sera financé par les dépenses non réalisées dans le budget 2008, selon M. Attiya.
« Les salaires des fonctionnaires, le budget alloué à la défense et à la sécurité ainsi qu'aux investissements ne seront pas affectés par la baisse (du budget, NDLR) », a poursuivi le vice-président du Parlement.
« Ce qui va être touché, ce sont les salaires du président, du Premier ministre et du président du Parlement, qui vont baisser de 20 %. Ceux des ministres et des députés vont être réduits de 10 % », a-t-il indiqué.
Dans l'ancien projet de loi budgétaire, les recettes budgétaires étaient assurées à 86 % par la vente du pétrole. M. Attiya n'a pas été en mesure de préciser combien les dividendes pétroliers représenteraient dans le budget final.
Dans un pays qui se relève de six années de violence, le budget d'investissement proposé par le gouvernement devait s'établir à 12 milliards et représentait 19,6 % des dépenses.
Le ministre irakien des Finances, Baqer Jabr Soulagh, avait révélé récemment que l'Irak avait besoin de 400 milliards de dollars pour sa reconstruction.
Le budget doit encore être signé par le président irakien Jalal Talabani et ses deux vice-présidents.
Par ailleurs, les députés, qui n'ont plus de président depuis la démission de Mahmoud Machhadani fin décembre, ont tenu une réunion extraordinaire pour tenter d'élire un président, à la demande d'une cinquantaine d'élus, a indiqué une source parlementaire.
Mais son élection a de nouveau été reportée à la dernière semaine d'avril, une semaine après la reprise du Parlement.

