Ce responsable a laissé entendre qu'un mandat d'arrêt ne garantit pas un effet de dissuasion réel, mais peut constituer un frein pour ceux qui ont tendance à régler les problèmes par les attentats et les assassinats. Il a expliqué qu'avec le Tribunal spécial pour le Liban, un nouveau climat règne aujourd'hui dans la région et même dans le monde entier. En particulier chez ceux qui ont tendance à recourir à la violence pour régler des différends ou des conflits politiques.
Au sujet des exploitations politiques possibles des résultats de l'enquête et plus tard des verdicts du TSL, ce responsable a estimé qu'elles existent déjà, mais que le seul fait que le tribunal soit entré en activité a créé ce climat qui fera désormais réfléchir tous ceux qui pensent recourir à la violence pour éliminer des adversaires ou modifier des données politiques quelconques dans un pays déterminé. Il a estimé que l'effet du TSL s'ajoute à ceux déjà provoqués par d'autres tribunaux internationaux créés pour des pays et des régions tels que le Soudan, l'ex-Yougoslavie et d'autres instances statuant en matière de génocides ou de crimes politiques.
Craintes postlégislatives
À propos d'éventuelles inquiétudes que pourraient exprimer les spécialistes de la situation au Liban au Quai d'Orsay sur les élections législatives du 7 juin, ce responsable a indiqué que ces craintes ne portent pas sur la période préélectorale ou même le déroulement du scrutin lui-même, mais sur la situation qui pourrait prévaloir après ces élections. Comprendre que le camp qui se retrouverait en minorité à l'Assemblée après le 7 juin pourrait ne pas reconnaître la victoire de la partie adverse et porter le conflit dans la rue.
Dans ce contexte, il a laissé entendre que la diplomatie française garde toujours à l'esprit le rôle et l'influence de la Syrie et que le Liban est pratiquement présent dans tout entretien ou contact franco-syrien. Il a affirmé à cet égard que Damas peut jouer un rôle positif et prévenir tout dérapage sur la scène politique libanaise grâce à ses alliés locaux remarquant au passage que le retard apporté par Damas à inaugurer les activités de son ambassade à Beyrouth ne manque pas de poser plusieurs points d'interrogation. Position d'ailleurs exprimée publiquement il y a environ une semaine par le ministre Bernard Kouchner qui a souhaité qu'un ambassadeur syrien soit nommé au Liban le plus rapidement possible.

