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Culture - Rencontre

« Visions » de Zad Moultaka, ou l’omniprésence des voix…

Toujours vêtu de noir, les cheveux un peu ébouriffés, le regard aux aguets, Zad Moultaka est une fois de plus de passage dans sa ville natale, malgré un agenda de travail surchargé...
Venu présenter son dernier CD, Visions (Rouaa), à la crypte Saint-Joseph (USJ), Zad Moultaka en parle comme d'un chapelet de souvenirs marquants, mais aussi d'un condensé de grands moments.
« C'est l'aboutissement d'une période, confie-t-il. L'aboutissement d'une période avec des gens qui m'ont soutenu. Il y a Catherine Peillon, Fadia Tomb el-Hage, Ars Nova et Joël Suhubiette. Ce sont là plusieurs moments chargés de sensations, de sentiments, d'états d'âme et d'être... En tout, il y a là six œuvres : Khat (créée à Toulouse en 2007), Scala del cielo (créée à Paris en 2006), Zikr (créée en Belgique en 2005), Neb Ankh (2007), Enluminures (créée à Grenoble) et il y a, bien sûr, Visions (Rouaa) qui n'a pas encore été créée sauf sur platine...»
Pour cet enregistrement, Makis Solomos a écrit en avant-propos du CD ces lignes: «Pour en venir au présent disque, il s'en dégage également une forte cohérence, bien que les pièces aient été composées, une par une, sans l'idée préalable de figurer dans une même unité, à l'exception de la dernière qui, elle, a spécialement été écrite pour la circonstance. La présence des voix est, bien entendu, l'une des clefs de cette cohérence. Mais la relation au texte l'est sans doute encore plus. En effet, Zad Moultaka construit une relation entre musique et langue - qu'il s'agisse d'un texte compréhensible ou de purs phonèmes car, dans ces derniers, la langue n'est pas totalement privée de sens, sauf qu'il faut le réinventer - étonnante par sa complexité. Comme lui-même le dit, cette relation «se joue» à différents niveaux.
«Il y a au départ un niveau poétique, dit Zad Moultaka, où je suis marqué par un parfum, une ambiance, une sonorité, où j'entends directement les mots en timbres, en sensations musicales. Puis il y a également l'énergie du mot. Au niveau du sens, lorsqu'une phrase ne me plaît pas, je n'hésite pas à la compacter (je n'aime pas enlever !) de sorte que la substance demeure, mais le détail n'est pas audible. Enfin, j'aime parfois faire ressortir un mot, par exemple  "exil". Cette complexité - qui, à un certain degré, évoque Boulez - instaure un univers dense mais, en fin de compte, naturel. La complexité étant l'une des caractéristiques les plus importantes de la nature. De sorte qu'après Khat, qui travaille sur des phonèmes arabes laissant parfois deviner des mots, on a envie d'écouter la Scala del cielo, au texte italien limpide, puis Zikr, en latin, ensuite Neb Ankh (en égyptien ancien sarcophage), en langue imaginaire, Enluminures, dans la poésie française de Georges Schéhadé, et enfin Vision, dans le français de Catherine Peillon.»
Pour le moment, le compositeur libanais installé à Paris s'est attelé aussi au collectage de comptines enfantines aussi bien libanaises qu'égyptiennes, aleppines et tunisiennes. Quatre percussionnistes et les sœurs Tomb pour donner vie à ce collectage intitulé Nanni nanni.
Pour l'été, en juillet 2009, Avignon applaudira L'autre rive sur un texte d'Ivan Silensky, avec le chœur Musicatreize dirigé par Roland Herabian, où faux grec se mêle au faux arabe pour une langue inventée...
 Une langue imaginaire où le musicien travaille surtout sur les sonorités pour une narration musicale originale qui s'ouvre sur des débordements belliqueux, s'épure et finit par exprimer la solitude de l'être.
Une fois de plus, l'œuvre de Zad Moultaka surgit de là où on l'attend le moins... C'est bien la vertu de la musique, par-delà sa vocation de langue universelle, que de toujours surprendre.
Venu présenter son dernier CD, Visions (Rouaa), à la crypte Saint-Joseph (USJ), Zad Moultaka en parle comme d'un chapelet de souvenirs marquants, mais aussi d'un condensé de grands moments.« C'est l'aboutissement d'une période, confie-t-il. L'aboutissement d'une période avec des gens qui m'ont soutenu. Il y a Catherine Peillon, Fadia Tomb el-Hage, Ars Nova et Joël Suhubiette. Ce sont là plusieurs moments chargés de sensations, de sentiments, d'états d'âme et d'être... En tout, il y a là six œuvres : Khat (créée à Toulouse en 2007), Scala del cielo (créée à Paris en 2006), Zikr (créée en Belgique en 2005), Neb Ankh (2007), Enluminures (créée à Grenoble) et...
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