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Culture - Exposition

« Lieux communs » d’ombre et de couleur

Mohammad Abdallah expose jusqu'au 13 mars à la galerie Safana* plus d'une vingtaine d'acryliques qui illustrent des moments de la vie urbaine. Une palette lumineuse et colorée à la fois légère et intense.
On croirait avoir croisé tous ces personnages que Mohammad Abdallah s'est amusé à croquer. On croirait reconnaître ou avoir vécu ces moments recueillis de la vie quotidienne. Ce jeune artiste, qui sait faire parler les couleurs, a encore une fois travaillé sur les moments fugitifs et éphémères de sa ville.
De la couleur et beaucoup de couleurs, osées, malaxées, mélangées et par la suite aplaties, assainies, purifiées, traduisent le temps qui passe souvent lentement, silencieusement. Mauve, lilas, terracota, se mariant et fusionnant en toute harmonie avec l'orange, le rouge et le jaune sable. Ces teintes intenses ne s'entrechoquent jamais ni se contredisent, mais traduisent cependant certains tourments. Tout n'est pas si serein dans l'espace lumineux de Abdallah. La solitude, le stress de la vie urbaine sont filtrés à travers cette clarté apparente, et chaque teinte devient l'ombre de l'autre.

Une palette lumineuse
Si on devine dans ses premières œuvres les influences du pop art, c'est surtout grâce à son talent de coloriste et au jeu d'ombres dans le contraste des teintes. Mais aujourd'hui, Abdallah va plus loin dans ses œuvres grand, moyen et petit format. Il s'aventure dans un certain expressionnisme pour évoquer les réalités et les solitudes urbaines.
Son expressionnisme relève de la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité et inspire ainsi une réaction émotionnelle. Pour lui, esquisser un siège, c'est imaginer à partir de ce croquis d'autres ombres qui semblent sortir du cadre. À travers ces figures évanescentes qui s'effilochent au fil des couleurs, l'artiste transfigure l'être et donne une âme à la ville qui devient un autre personnage. S'identifiant parfois aux objets qui l'entourent et à d'autres moments à l'environnement lui-même, l'homme se fond dans le cadre, laissant cette ombre devenir sa prolongation, son identification, voire son identité.
Tant dans les couleurs chaudes ou glacées que dans la composition des formes souvent rectilignes et géométriques, ou encore dans ce non-peint qui se poursuit hors champ, tout en subtilisant à la réalité son réalisme, Mohammad Abdallah offre une seconde lecture de la vie et atteint une plus grande intensité expressive.

* L'exposition se poursuit jusqu'au 13 mars à la galerie Safana, imm. Sraj, rue Leonardo Da Vinci, Verdun.
Tél : 01/869564. 
On croirait avoir croisé tous ces personnages que Mohammad Abdallah s'est amusé à croquer. On croirait reconnaître ou avoir vécu ces moments recueillis de la vie quotidienne. Ce jeune artiste, qui sait faire parler les couleurs, a encore une fois travaillé sur les moments fugitifs et éphémères de sa ville. De la couleur et beaucoup de couleurs, osées, malaxées, mélangées et par la suite aplaties, assainies, purifiées, traduisent le temps qui passe souvent lentement, silencieusement. Mauve, lilas, terracota, se mariant et fusionnant en toute harmonie avec l'orange, le rouge et le jaune sable. Ces teintes intenses ne s'entrechoquent jamais ni se contredisent, mais traduisent cependant certains tourments. Tout n'est pas si serein dans l'espace...
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