M. Obama a expliqué sa stratégie en faisant valoir que la situation irakienne s'était améliorée, même si « la violence continuera à faire partie de la vie en Irak ». Il a rappelé que ses priorités n'étaient pas les mêmes que celles de son prédécesseur George W. Bush, signifiant qu'un effort plus grand serait possible en Afghanistan, là où précisément certains des membres de son auditoire s'apprêtaient à aller sur son ordre récent. L'idée est aussi de faire pression sur les dirigeants irakiens : « Le retrait de notre armée doit envoyer un signal clair indiquant à l'Irak que son avenir est à présent entre ses mains », a dit M. Obama qui a appelé le Premier ministre Nouri al-Maliki depuis l'avion qui l'emmenait en Caroline du Nord. À Bagdad, ce dernier a dit sa confiance « en nos forces armées et nos services de sécurité pour protéger le pays et consolider la sécurité et la stabilité, et nous n'avons pas de craintes pour l'Irak si les troupes américaines se retirent ».
Christopher Hill, nouvel ambassadeur US à Bagdad
M. Obama a promis un « effort politique, diplomatique et civil considérable » pour aider l'Irak. Le dialogue offert à nouveau à l'Iran et à la Syrie, voisins de l'Irak et bêtes noires des États-Unis, participe de cet effort, a dit M. Obama, qui a aussi annoncé la nomination d'un diplomate éprouvé, Christopher Hill, comme ambassadeur à Bagdad.
Selon des responsables, les élections parlementaires de décembre en Irak seront un tournant et le désengagement devrait ensuite s'accélérer. Cependant, a dit l'un d'eux, M. Obama se réserve la possibilité de revenir sur ses plans en fonction de la situation. Sa décision de laisser jusqu'à 50 000 hommes après août 2010 causait cependant des remous parmi les plus hauts dirigeants de son propre parti. En revanche, M. Obama a reçu l'appui de son adversaire républicain à la présidentielle : Ce plan « n'est pas sans risque », a déclaré le sénateur John McCain, mais « je crois (que c'est) un plan raisonnable ». M. Obama a aussi appelé M. Bush, par « courtoisie », selon son porte-parole.
Les Américains ne devraient pas lui reprocher de tenir en 19 mois, et non en 16, sa promesse de retirer la plupart des troupes de combat. Ils se débattent avec la récession, et l'Irak n'est plus, de loin, leur première préoccupation, même s'ils restent majoritairement opposés à une guerre qui leur a coûté des centaines de milliards et la vie de plus de 4 200 soldats.

