Après avoir consacré son premier mois de président à faire adopter les mesures d'urgence face à la plus grave crise traversée par le pays depuis des décennies, M. Obama a décrit son budget pour 2010 comme un des moyens pour « rétablir l'Amérique dans toute sa force économique » sur la durée, en « faisant les investissements à long terme qui mèneront à de nouveaux emplois, de nouvelles industries et une capacité renouvelée à participer à la compétition mondiale ».
Le document qui sera publié aujourd'hui mais qui tracera seulement les grandes lignes budgétaires avant d'être détaillé plus tard dans l'année « investira dans trois domaines qui sont absolument vitaux pour l'avenir de notre économie : l'énergie, la couverture santé et l'éducation », a dit M. Obama.
Mais ce budget qui se projette aussi sur les dix prochaines années fixera en outre pour objectif de diminuer de moitié le déficit de l'État au cours des quatre années de présidence Obama.
Le découvert de l'État pourrait dépasser le chiffre record de 1 500 milliards de dollars cette année. Le but est de le réduire à 533 milliards, soit environ 3 % du produit intérieur brut, d'ici à 2013.
M. Obama a dit vouloir un budget qui veille à « ce que chaque dollar que nous dépensons reflète nos plus importantes priorités nationales, et rien d'autre ».
Ainsi il va falloir faire « le sacrifice de priorités tout à fait valables », a-t-il prévenu les parlementaires et, à travers eux, les Américains.
Cela vaut aussi pour lui-même, a dit M. Obama. Il a annoncé cette semaine avoir demandé qu'on réexamine la commande d'une nouvelle flotte d'hélicoptères pour son transport personnel parce que le coût en avait presque doublé.
Son administration a commencé à passer en revue chaque ligne de dépense et a déjà identifié deux mille milliards d'économies possibles sur dix ans.
Elle va éliminer les contrats qui n'ont pas l'objet d'appels d'offres en Irak, supprimer les dépenses pour des systèmes d'armes obsolètes, tailler dans les programmes de santé ou d'éducation inutiles.
M. Obama va devoir concilier cette rigueur et la promesse de grandes réformes, comme celle de la couverture santé, qu'il s'est engagé pendant sa campagne à apporter aux 46 millions d'Américains qui en seraient dépourvus.
« C'est un engagement qui sera payé en partie en introduisant dans notre système des rationalités qu'on aurait dû lui apporter depuis longtemps », a-t-il dit.
Mais la réforme « n'attendra pas une année de plus », a-t-il dit, en faisant valoir que ces dépenses étaient de celles qui augmentaient le plus vite et le plus considérablement et représentaient un des plus grands dangers pour l'économie à long terme.
Le budget mettra aussi l'accent sur l'école, pour faire en sorte que « chaque enfant ait accès à une éducation complète et compétitive » ; et sur les énergies renouvelables et alternatives, pour lesquelles il a budgétisé 15 milliards de dollars par an.
Pour M. Obama, ce budget offre aussi une nouvelle occasion de démontrer sa volonté de transparence. Les guerres en Irak et en Afghanistan faisaient l'objet de lois de finances distinctes sous son prédécesseur George W. Bush. Leur coût sera inscrit dans le budget 2010.
« Nous sommes depuis sept ans un pays en guerre. Nous n'en dissimulerons plus le prix », a-t-il dit.


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