À ce jour, 29 immeubles de plus de 20 étages sont en construction à Beyrouth, cela ne représente actuellement que 15 % du parc immobilier en cours de développement. Toutefois, plus d'une cinquantaine d'immeubles dépasseront les 100 m à l'échéance de 2015. En attente d'une approbation légale, plusieurs projets se livrent désormais à une guerre des chiffres : qui sera le plus haut ? Un promoteur annonce 35 étages dans un immeuble à proximité du musée national le long de l'avenue Pierre Gemayel. À Sodeco, un projet résidentiel, commercial et de bureaux compte atteindre 50 étages soit le record national. Mais les records sont faits pour être battus... Un projet sur la place Riad el-Solh totalise 29 étages et un complexe de bureaux le long de la corniche du Fleuve espère s'élever à 155 m soit 30 étages. À l'heure où les chiffres de 500 à 1 000 m de hauteur sont évoqués pour des excentricités architecturales dans les pays du Golfe et ailleurs, Beyrouth est encore relativement épargné par la fièvre des gratte-ciel.
Au Liban, la course vers le ciel est encouragée par une course au profit. Onéreuse à construire, une tour reste naturellement une source de gain : plus les appartements seront hauts et plus leur valeur du m2 sera importante. Ainsi, la facture d'une unité entre le premier et le dernier étage peut aller du simple au double voire au triple.
Hormis à Raouché, les tours ont désormais élu domicile à Clemenceau et à Koraytem. Chacune essaye de monter le plus haut possible afin d'offrir des vues sur la mer. Berceau historique des tours, Ras Beyrouth est aujourd'hui doublé dans cette compétition par Achrafieh. Certains s'étaient offusqués de la multiplication des tours à Gemmayzé et Sursock, deux secteurs composés de quelques vieilles résidences traditionnelles. Pendant plusieurs mois, les permis de construire avaient été mis en suspens. Aujourd'hui, le mal est fait : aux pieds des palais Sursock, deux tours de 24 et 27 étages sont en train de pousser et rue Gouraud, un projet de 36 étages doit également voir le jour.
Paradoxalement, le centre-ville ne compte que quatre gratte-ciel de 25 à 33 étages autour de la baie du Saint-Georges. Les immeubles situés derrière cette « muraille » doivent se contenter de miettes pour obtenir une vue sur le littoral.
Bien que les urbanistes s'accordent parfois à reconnaître que les tours peuvent être un remède à l'étalement, certains promoteurs pensent que trop de tours tuent la tour. Leur obsession n'est pas uniquement d'avoir une construction élevée, mais aussi « plus humaine ». Une politique pas si facile à tenir puisque plus l'immeuble est élevé, plus l'emprise au sol sera réduite et plus il sera possible d'aménager des espaces verts et d'obtenir des dégagements.
En coopération avec : RAMCO
Tél.: 01-349910


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef