« Khaled al-Touaymi (20 ans) est décédé à 22 heures, à l'hôpital gouvernemental de Zahlé. Il a succombé à une embolie pulmonaire consécutive à des coups à la hanche droite, a constaté le médecin légiste, dépêché sur place sur instruction du parquet. Il a été inhumé hier après-midi dans son village de Faour (Békaa centrale), au milieu d'une vive effervescence et de tirs nourris d'armes automatiques.
Les proches de la victime avaient tenté, un moment, de barrer la voie publique, mais une intervention énergique de l'armée, qui a tiré en l'air, les en a empêchés. Il reste que la tension restait vive en soirée, dans la région, où l'armée a sensiblement renforcé sa présence.
Dans des déclarations spontanées lors des funérailles, des proches de la victime ont rappelé que les « tribus arabes » de la Békaa, où la loi de la vendetta est absolue, sauront se faire justice « fut-ce dans 50 ans », si les autorités publiques n'arrêtent pas les coupables. C'est la tribu Harrouk qui, dans la région, est la plus puissante, souligne-t-on.
Le nom de Khaled al-Touaymi figurait dans la liste des personnes blessées lors des incidents qui avaient éclaté dans certains quartiers ouest de Beyrouth, au soir de la manifestation géante de la place des Martyrs.
À son retour vers la Békaa, le minibus qui le transportait avait été détourné, au niveau de Mar Mikhaël, et conduit vers un quartier intérieur de la banlieue sud, où les passagers avaient été roués de coups, avant d'être relâchés et de pouvoir poursuivre leur chemin.
Touaymi est la seconde personne blessée mortellement après la manifestation du 14 février. Poignardé à mort en faisant à son fils, attaqué à coups de gourdins, un rempart de son corps, un druze, Loutfi Zeineddine, était décédé le lendemain de la commémoration.
Déclaration de Hariri
Réagissant à ce nouveau drame, le chef du PSP, Walid Joumblatt, a demandé hier aux forces de sécurité d'identifier rapidement et d'arrêter les agresseurs du jeune homme, et lancé à l'adresse des habitants de la région un appel à la préservation de la paix civile et de la stabilité interne.
M. Joumblatt a pressé les services de sécurité et les autorités judiciaires de réagir très vite, soulignant que c'est ce qui a permis au drame du décès de Loutfi Zeineddine de ne pas dégénérer en « discorde » confessionnelle.
« Le PSP ne se laissera pas entraîner à des positions contraires à ses prises de position historiques en faveur de l'État, de la légalité et des institutions, et invite ses partisans (...), en particulier dans la Békaa centrale, à se conduire de façon pacifique et démocratique », a affirmé M. Joumblatt.
De son côté, le chef du Courant du futur, Saad Hariri, a annoncé hier dans un communiqué que Khaled al-Touaymi « a rejoint la cohorte des martyrs de la liberté et de l'indépendance ». La victime « offre un modèle des immenses sacrifices consentis par les Libanais sur l'autel de la paix civile et de leur détermination à protéger le processus de réédification d'un État qui assumerait toutes ses fonctions », a dit M. Hariri, qui a demandé aux autorités sécuritaires et judiciaires « d'assumer leurs responsabilités ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine