À Achrafieh, il y a toujours eu des chats. Ils étaient là avant nous, mais ils nous manquent aujourd'hui. Où sont-ils donc passés ? Je m'inquiète, bien entendu, pour les chats de gouttière, pas pour leurs cousins embourgeoisés confortablement installés dans des salons fastueux et sur des terrasses ensoleillées avec vue sur mer et montagne. Je parle de ces chats qui ont contribué à organiser la vie de notre quartier, à normaliser notre vie de quartier, ceux qui venaient d'on ne sait où et qui squattaient indéfiniment nos jardins et balcons. Ces chats qu'on pouvait nourrir et dont on pouvait s'occuper en leur demandant seulement d'être là. On n'exigeait pas d'eux loyauté et fidélité. C'était un bien collectif ! Mais où sont passés ces chats qu'on entendait les nuits de pleine lune, qui nous surprenaient avec une portée de chatons à toute saison ? Ces mêmes chats qui ont accompagné les Achrafiotes dans les temps durs et qui ont été pour nous un baromètre infaillible de notre sécurité. « Il n'y a pas un chat dans la rue » prenait tout son sens alors ! Aujourd'hui non plus, il n'y a plus un chat dans la rue, à Achrafieh. La sécurité est là, pas la tranquillité. Achrafieh a changé, profondément, et les chats n'ont pas aimé cette évolution. Ils nous le font savoir et ils sont partis. Les arbres avaient disparu avant eux, et les oiseaux étaient eux aussi partis. Notre quiétude, elle aussi, est partie avec eux. Les maisons avec leurs jardins, le jasmin et les orangers, les pins parasols. L'épicerie, le boucher. Rien n'est plus comme avant. Pourquoi voulez-vous que nos chats restent ? Les « vrais » chats préfèrent les ruelles à « l'autoroute », le jardin à « la place », les maisons accessibles aux grandes tours imprenables, l'épicerie du coin à un coin de l'ABC... Ils sont partis et ne reviendront plus.
Fadi ASSAF
Parole d'enfant
Suite aux collatérales du rassemblement du 14 Mars, une anecdote me vient à l'esprit.
Dans un endroit public salle comble, un malfaiteur bien armé fait irruption en criant : si on bouge, je tire. Une petite voix répond : si on tire, je bouge.
Paul HADDAD
Les moutons de Panurge
Au Liban, la politique est fondée sur les a priori et les sentiments.
Nous aimons un tel et le suivons à l'aveuglette même en enfer s'il le faut.
Il s'agit d'une démission de soi pour une fusion totale avec l'autre.
Quel archaïsme politique !
Nous n'avons pas besoin de réfléchir ; la réflexion est toute faite et préparée pour la consommation. On n'a qu'à se servir.
À quand le jour où l'on sera capable de discerner, de décortiquer les prises de position pour enfin juger nos politiciens ?
Pas de satisfecit à blanc !
Nous ne voulons plus être des moutons de Panurge, mais des êtres intelligents et objectifs, capables de prendre la mesure de nos choix politiques pour un avenir meilleur.
Dr Walid HAYEK


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef