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Liban - Environnement

Déchets mazoutés exhumés à Jiyeh : Bahr Loubnan dénonce « un crime écologique »

La marée noire causée par un bombardement israélien en 2006 : ce n'est pas parce qu'on n'en parle plus beaucoup que ses conséquences ne sont pas bien réelles. L'association Bahr Loubnan a dénoncé récemment, photos à l'appui, l'enfouissement dans le sable de déchets mazoutés qui avaient été retirés de la mer durant le grand nettoyage dans les mois qui ont suivi la catastrophe.
C'est durant une conférence de presse tenue récemment que le président du syndicat des plongeurs professionnels, Mohammad el-Sariji, membre du comité administratif de Bahr Loubnan, a annoncé la découverte d'un « grand nombre de sacs contenant du sable et des déchets contaminés sur les plages de Jiyeh, et qui auraient été enfouis à même la plage par la société grecque EPE, qui était chargée en fait de les transporter dans l'enceinte de la centrale ».
M. Sariji a rappelé que son association avait offert un budget pour le nettoyage d'une partie du littoral, notamment le sous-sol marin et les plages de Jiyeh. « Nous avions regroupé les sacs en une seule zone à Jiyeh, près de la plage publique, après une opération de nettoyage qui avait duré plus d'un an et demi, affirme-t-il. L'association a maintes fois essayé d'obtenir du ministère de l'Environnement une approbation pour traiter ces restes mazoutés, mais le ministère la lui a toujours refusée, sous prétexte de transporter ces sacs ultérieurement, avec des fonds étrangers provenant du Programme des Nations unies pour l'environnement, à l'intérieur de la centrale elle-même. C'est une compagnie grecque, EPE, qui a obtenu ce deal de 238 000 dollars. »
Selon M. Sariji, « cette compagnie a procédé à l'enfouissement d'un nombre de ces sacs près de la plage », au lieu de les transporter tous à la centrale. Il a qualifié ces actes de « crime écologique », et fait assumer au ministère de l'Environnement l'entière responsabilité de l'affaire, allant même jusqu'à revendiquer « le limogeage du directeur général du ministère, afin qu'il soit déféré devant l'Inspection centrale et jugé au cas où sa mauvaise gestion du dossier de la marée noire dès les premiers jours de la catastrophe est prouvée ».
M. Sariji a par ailleurs affirmé la nécessité de demander des comptes à la compagnie en question ainsi qu'aux fonctionnaires du ministère qui étaient censés surveiller l'opération.

Une enquête « sérieuse »
La réponse du ministère de l'Environnement a pris la forme d'un communiqué publié par le bureau de communication il y a quelques jours, et dans lequel le ministère se dit prêt « à demander une enquête dans l'affaire des sacs de déchets contaminés à Jiyeh », sur base de ce qui a été annoncé par le membre du comité administratif de Bahr Loubnan. « Une enquête sérieuse sera ouverte dans cette affaire pour établir le degré de responsabilité de la compagnie grecque qui avait obtenu le contrat à l'issue d'un appel d'offres, suivant les critères du PNUD et sur demande du ministère, sans que celui-ci n'ait un rôle direct à jouer dans la conclusion de ce contrat », poursuit le texte.
Le bureau de communication du ministère a déploré que « M. Sariji ait lancé des accusations contre le ministère avant même que toute enquête ne soit menée », insistant sur le succès des autorités libanaises dans le traitement de ce dossier.
Une autre réaction a été exprimée par le Parti socialiste progressiste (PSP) d'Iqlim el-Kharroub, qui a qualifié « l'enfouissement de déchets mazoutés sur la plage de Jiyeh de crime écologique grave ». Le parti a appelé « le ministère de l'Environnement à assumer sa responsabilité de manière sérieuse et efficace concernant la découverte de restes mazoutés enfouis dans le sable des plages de Jiyeh par une compagnie grecque qui avait signé un contrat avec le ministère pour les transporter à la centrale ». Le communiqué ajoute que « ce problème pourrait causer une nouvelle pollution du littoral » et insiste sur « la nécessité de protéger le littoral de toute pollution, qu'elle soit pétrolière ou non, et de demander des comptes à tous les responsables de ce crime ».
C'est durant une conférence de presse tenue récemment que le président du syndicat des plongeurs professionnels, Mohammad el-Sariji, membre du comité administratif de Bahr Loubnan, a annoncé la découverte d'un « grand nombre de sacs contenant du sable et des déchets contaminés sur les plages de Jiyeh, et qui auraient été enfouis à même la plage par la société grecque EPE, qui était chargée en fait de les transporter dans l'enceinte de la centrale ».M. Sariji a rappelé que son association avait offert un budget pour le nettoyage d'une partie du littoral, notamment le sous-sol marin et les plages de Jiyeh. « Nous avions regroupé les sacs en une seule zone à Jiyeh,...
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