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Liban

Les Mémoires de Fouad Boutros, patriarche politique, enfin disponibles…

Salle archipleine, hier soir, à la villa Audi où le ministre de l'Information Tarek Mitri a présenté Les Mémoires de l'ancien ministre Fouad Boutros, un des plus fidèles collaborateurs du président Fouad Chéhab et l'une des figures les plus respectées et les plus respectables du landernau politique libanais.
Fouad Boutros qui, sous les mandats Fouad Chéhab, Charles Hélou et Élias Sarkis, a occupé différents postes ministériels (Plan, Éducation nationale, Justice, Défense et Tourisme), s'illustra surtout comme ministre des Affaires étrangères. Il reste à ce jour l'une des principales figures de la diplomatie libanaise.
Sa posture modérée, durant ce qu'on a tendance à appeler « la guerre des autres », lui a permis de jouer souvent un rôle de médiateur entre les différentes parties politiques et de négociateur entre le patriarcat maronite et le président syrien Bachar el-Assad pour le retrait des troupes syriennes du Liban, en 2001. Sa médiation, qui a duré plusieurs semaines, butta contre le refus de l'occupant de desserrer son étau sur le Liban. En 2005, le gouvernement de Fouad Siniora lui confia la présidence du comité national chargé de la réforme de la loi électorale.
C'est une véritable mission au service de la vérité que sont Les Mémoires de l'ancien ministre Fouad Boutros. Dans cet ouvrage, paru aux éditions an-Nahar, « je ne comptais ni me défendre ni me venger de ceux qui ne partagent pas mes opinions politiques. Tout a commencé lorsque le président Chéhab m'a convoqué à Baabda pour me donner un portefeuille ministériel. Au bout de notre entretien qui n'a duré que vingt minutes, il m'a dit : "Le Liban n'a pas pu construire un État, il n'a donc pas réussi à bâtir une nation". Malheureusement, tout ce que j'ai observé et constaté depuis 1959 jusqu'à ce jour me pousse à me demander où est l'État et où est la nation », s'est interrogé Fouad Boutros. « Nous nous sommes éloignés pour plus d'une raison de l'État et de la nation, et en toute franchise, je constate que les circonstances actuelles n'autorisent aucun optimisme à ce niveau », a-t-il relevé, assurant qu'il ne faisait « aucunement l'apologie du pessimisme. En réalité, le pessimisme est un tremplin qui nous permet de jouer un rôle en politique à la stricte condition qu'il ne soit pas organiquement lié à de la soumission. Le pessimisme sans soumission est une façon d'œuvrer pour améliorer les choses et aller vers le meilleur », a dit Fouad Boutros, après une entrée en matière brillante du ministre de la Culture, Tarek Mitri - une présentation incomparable que lui seul pouvait faire et dont on retiendra ce constat imparable : « Il (Fouad Boutros) voit ce que d'autres ne peuvent même pas discerner, ces autres que le besoin de mobiliser a éloignés de la compréhension et du Liban et du monde. »
Signalons parmi les présents : le ministre Khaled Kabbani représentant Fouad Siniora, le ministre Raymond Audi, les députés Nayla Moawad, Nabil de Freige, Michel Pharaon, Robert Ghanem, Abdel-Latif Zein, Bahige Tabbarah, Hussein Husseini et Ghassan Moukheiber, l'ancien ministre Michel Eddé, ainsi que le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi. Mais la liste est longue. Trop longue...

M.M.
Salle archipleine, hier soir, à la villa Audi où le ministre de l'Information Tarek Mitri a présenté Les Mémoires de l'ancien ministre Fouad Boutros, un des plus fidèles collaborateurs du président Fouad Chéhab et l'une des figures les plus respectées et les plus respectables du landernau politique libanais.Fouad Boutros qui, sous les mandats Fouad Chéhab, Charles Hélou et Élias Sarkis, a occupé différents postes ministériels (Plan, Éducation nationale, Justice, Défense et Tourisme), s'illustra surtout comme ministre des Affaires étrangères. Il reste à ce jour l'une des principales figures de la diplomatie libanaise. Sa posture modérée, durant ce qu'on a tendance à appeler...
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