« Nous sommes venus une nouvelle fois aujourd'hui dire à Rafic Hariri et à tous les martyrs de la révolution du Cèdre que le tribunal international est à nos portes et que leur sang va triompher des injustes.
« Chaque citoyen venu sur cette place, chaque jeune qui a manifesté près du monument de la Liberté, chaque dame qui a brandi le drapeau et crié sa colère face à l'injustice, chaque fleur déposée sur le mausolée, chaque larme tombée des yeux d'un enfant, chaque prière faite pour le Liban ont tous contribué à paver la voie jusqu'à La Haye.
« Vous êtes la première pierre de la révolution du Cèdre et l'âme du 14 Mars. Vous avez voulu que l'ère de la tutelle s'en aille et elle s'en est allée. Vous avez voulu que le tribunal international soit une réalité et il l'est.
« Avec vous, nous resterons fidèles à l'aventure de la liberté et de la souveraineté. Avec vous, Libanais chrétiens et Libanais musulmans, nous poursuivrons notre chemin et nous défendrons notre grand Liban jusqu'à la fin des temps.
« Voilà quatre ans que le Liban se meut dans un champ de mines. Nous n'avons jamais sombré dans le désespoir.
« Nous sommes restés animés de la force que donne la foi et n'avons rien cédé du droit des Libanais à disposer d'un État et de la nécessité pour l'État d'avoir un président et pour les institutions de sortir de la paralysie.
« Ce processus est rempli de défis. Il exige encore davantage de patience, de constance et beaucoup de sagesse et de solidité. Nous avons assumé nos responsabilités historiques en luttant contre les tentatives de noyer le Liban dans la guerre civile. Et nous assumerons, maintenant et à l'avenir, la responsabilité de faire face aux tentatives visant à confisquer le pouvoir de décision national libanais indépendant.
« Soyez sûrs que les forces du 14 Mars seront fidèles à cette noble mission nationale, étant engagées à respecter le pacte de coexistence et les constantes de la révolution du Cèdre.
« Sur la base de ces constantes et du serment de fidélité à tous les martyrs, je proclame devant vous les orientations suivantes :
« Premièrement, lorsque nous affirmons que les élections législatives du 7 juin prochain sont une échéance cruciale, cela ne vise à intimider personne. Nous disons cela tout simplement pour faire comprendre que le 7 juin, il ne sera pas seulement question de choisir les membres du Parlement. Il s'agira d'une occasion pour tous les Libanais de répondre aux questions cruciales pour leur avenir. Et aux yeux des forces du 14 Mars, ce sera le moment d'élever la voix au service de l'édification d'un État libre, indépendant et capable de gérer par lui-même ses affaires. Un État responsable de la défense de ses frontières, de sa souveraineté, de la stabilité du pays, de l'intégrité de son peuple et de son développement.
« Nous voulons un État qui fabrique de la croissance économique, qui construit et qui assure aux Libanais, et en particulier aux jeunes, des opportunités de travail.
« Le 7 juin est aussi une étape cruciale dans la vie démocratique du Liban. Nous aspirons à mener les élections dans un climat démocratique et un cadre respectueux de la loi, sous le contrôle d'observateurs arabes et internationaux, rendu nécessaire par les circonstances que nous traversons. Nous le disons dès à présent : nous agirons, au vu des résultats des élections, en conformité avec les lois et les dispositions de la Constitution, de façon à réactiver le système démocratique parlementaire et à réhabiliter le concept d'alternance au pouvoir selon les règles. Nous ferons en sorte que les institutions ne ploient plus sous le poids des situations exceptionnelles.
« Deuxièmement : Nous appelons de cette tribune à promouvoir le dialogue national au-dessus de tout langage contredisant la coexistence et entraînant directement ou indirectement le Liban sur la voie de la violence. Nous nous étions mis d'accord à Taëf pour tourner définitivement la page des guerres. Cet accord restera pour nous la base à partir de laquelle nous renouvellerons l'entente nationale.
« Troisièmement, l'avenir économique du Liban dépend de sa stabilité politique et sécuritaire. Le Liban a payé très cher économiquement, financièrement et socialement le prix des guerres et des crises au cours des précédentes décennies. Il a aussi payé très cher le prix de l'arrogance politique sous toutes ses formes, qui a fait échec à toutes les réformes économiques et financières, et gaspillé les occasions successives qu'ont représentées Paris I, Paris II et Paris III.
« Depuis 1975, vous payez la facture des guerres civiles, des guerres israéliennes, de l'anarchie armée, des îlots d'insécurité, des bases paramilitaires, des appels à la désobéissance civile et des fermetures des services publics. Tout cela est directement lié à l'aggravation de la dette et de l'émigration, et de la destruction des potentiels de croissance. Le temps est venu de prendre conscience du fait que la croissance économique et la stabilité politique et sécuritaire sont étroitement liées. Le temps est venu de dénoncer ceux qui portent réellement atteinte aux droits de l'État, de s'attaquer aux véritables nids de la corruption et de pointer du doigt les îlots d'anarchie qui protègent cette corruption.
« Avec vous, nous tiendrons notre promesse, nous produirons le changement vers le mieux et nous irons jusqu'au 7 juin, date à laquelle nous avons rendez-vous avec la décision libre, la voix libre et l'État libre et indépendant.
« Liban d'abord, Liban d'abord, Liban d'abord. »


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine