Après un mot de bienvenue du directeur général de l'IMA, Mokhtar Taleb Bendiar, et une allocution prononcée par Rima Tarabay, représentante du 14 Mars en France et organisatrice de la soirée, d'éminentes personnalités ont pris la parole pour évoquer la mémoire de Rafic Hariri et apporter des témoignages sous des angles différents sur l'homme, ses réalisations, sa vision du Liban de demain et ses projets dont certains n'ont pu être concrétisés de son vivant.
À la tribune donc, le président Jacques Chirac, Nazek Hariri, Charles Rizk, ancien ministre de la Justice, Moustafa Zaatari, Jacques Vieilleville, ancien responsable de la Mission laïque française, des journalistes qui ont connu Rafic Hariri et Rima Tarabay elle-même qui a donné le la à cette cérémonie en demandant, après son allocution, une minute de silence à la mémoire du grand disparu.
Les temps forts de la soirée étaient l'évocation de Rafic Hariri par le son et l'image puis, en direct, par sa veuve, puis par Jacques Chirac lui-même. Deux interventions particulièrement émouvantes où l'homme, le visionnaire, l'époux, le père de famille et le leader d'envergure mondiale ont été rappelés.
Pendant que des séquences de la vie de Rafic Hariri étaient projetées sur écran géant, Mme Hariri l'a cité lorsqu'il lui confiait : « Ma cause est celle d'une patrie qui s'appelle le Liban, ma cause est la liberté, la souveraineté et l'indépendance, ma cause est l'édification, la reconstruction et le développement de ce pays bien-aimé. Je défendrai cette cause tout comme je défends le Liban, son rôle et son avenir. » Elle n'a pas manqué de brosser le portrait politique de son illustre époux qui défendait, a-t-elle dit, les causes nationales libanaises et arabes dont la cause palestinienne pour laquelle il a tant fait. Le rôle rassembleur et unificateur de Rafic Hariri a été également souligné lorsque sa veuve a rappelé ses interventions au double niveau régional et international à chaque fois que le Liban ou l'unité des Arabes étaient menacés.
Le témoignage du président Chirac n'était pas moins émouvant puisqu'il a parlé de Rafic Hariri tel qu'il l'a connu et apprécié le qualifiant d'ami, de visionnaire et de passionné pour la cause libanaise et de l'avenir du Liban. En se remémorant Rafic Hariri l'ami et l'homme d'État, Jacques Chirac a soulevé à plusieurs reprises un tonnerre d'applaudissements dans la salle.
Le discours-témoignage de Charles Rizk, ancien ministre de la Justice, n'a pas été moins apprécié par la salle puisqu'il a apporté un éclairage sur ce qui a été fait après l'assassinat de Rafic Hariri, c'est-à-dire l'extraordinaire mise en place du tribunal international.
S'adressant au président Chirac, M. Rizk l'a qualifié d'« ami exemplaire », évoquant cette amitié qui a porté « l'attachement immémorial de la France pour le Liban à un niveau inégalé », ajoutant que cet attachement a été maintenu par le président Sarkozy qui fait de l'indépendance du Liban et de son intégrité le socle de la politique française au Moyen-Orient.
« L'immobilisme qui menaçait le Liban, a encore dit l'ancien ministre, nous avons réussi à l'éviter dans un domaine : celui de la justice, par la création du tribunal international. » Il a ajouté : « Pour avoir été au Liban l'artisan de cette entreprise, je peux, mieux que quiconque, témoigner de ce qu'elle vous doit et de l'effort constant que vous avez déployé auprès du Conseil de sécurité et des chefs d'État qui en sont membres. » « Le tribunal est désormais une réalité », a encore dit l'ancien ministre, qui a rappelé toutefois que le danger de la politisation plane sur cette haute instance, une politisation qui pourrait profiter à telle ou telle partie au Liban ou dans son voisinage.
Avant la clôture de la cérémonie en musique avec un quatuor à cordes et la voix du jeune soprano libanais, Mattéo el-Khodr, des journalistes ont apporté des témoignages personnels et professionnels sur leurs rencontres avec Rafic Hariri. Brent Sadler, Nora Boustany et Wardé Zamel, chacun d'eux exposant une des mille et une facettes de la personnalité et du génie de celui dont la dimension et l'envergure demeure sur la scène libanaise avec autant d'intensité que de son vivant.

