Mardi soir, elles n'étaient que trois grâces à répondre aux questions, en attendant Olivia Bertrand qui a remplacé Ingrid Jacquemod, usée nerveusement et physiquement.
Trois à l'unisson. « Je pense qu'on est prêtes », a indiqué Barioz, de Courchevel (Savoie), la station où les géantistes, comme tout le groupe technique, ont préparé le rendez-vous de l'année.
« Oui, tout le monde vient pour une médaille. La gagne, c'est quelque chose de vraiment bien », a remarqué Worley, seule Française victorieuse et même sur le podium en Coupe du monde cette saison, le 30 novembre dernier à Beaver Creek (États-Unis).
Leur ambition, ont-elle répété, n'a fait que s'épanouir au fil des bons résultats des Français en première semaine des Mondiaux.
« Il faut jouer à aller la (la médaille) chercher, comme MMA », a ajouté Marion Bertrand, l'aînée à 24 ans d'un groupe de gamines.
Buvant du petit-lait, leur entraîneur Pascal Silvestre a soufflé : « Au travers de cette jeunesse, on a tout le talent qui est là. »
Les géantistes tricolores ont aussi dit leur bonheur d'évoluer sur la Face de Bellevarde, dont certains pensent qu'elle est trop difficile pour ces dames.
« C'est une piste magnifique. Ça va faire un très beau géant pour les filles », a insisté Worley.
Aucun lien de parenté avec Olivia, Marion la volubile - elle est née à Grasse (Alpes Maritimes) - a enchaîné : « On s'est entraînées dessus et on a un petit avantage sur les autres. Il faut maîtriser, rester dans le tracé. On va essayer de prouver qu'on est une petite équipe qui gagne. »
Barioz, 5e du dernier slalom géant à Cortina d'Ampezzo (Italie) et la plus pragmatique du lot, a eu le dernier mot : « Il faut qu'on sache faire sur tous les profils de piste, tous les types de neige. »
Sélective
Avec les précipitations des derniers jours, la Bellevarde a retrouvé un aspect moins redoutable, moins verglacée que pour le super-G messieurs. En un mot, moins « vacharde ».
Mais elle devrait néanmoins établir une sévère sélection.
Lauréate trois fois cette saison, à Sölden, Semmering (Autriche) et Cortina, l'Autrichienne Kathrin Zettel, déjà or du supercombiné, endosse le rôle de favorite. Elle s'entraîne avec Thomas Sykora à Hochkar, sur une pente difficile.
Sur la saison 2007/2008 (5 victoires), l'Italienne Denise Karbon, qui adore les pistes raides, aurait la première chance.
Mais le moineau de Castelrotto n'a pas connu la même réussite ces derniers mois.
Dauphine de Zettel au classement de la Coupe du monde de la discipline, la Finlandaise Tanja Poutiainen, victorieuse en décembre dernier à La Molina (Espagne), figure également au rang des favorites.
L'inconnue s'appelle Nicole Hosp, sacrée en 2007 mais qui fait sa rentrée après cinq semaines d'arrêt pour cause de blessure.
Un pari risqué pour l'Autrichienne.
D'Aalesund, ville côtière de 42.000 habitants, les Loeseth sont même quatre sœurs, la cadette Lisa, 12 ans, souhaitant filer dans les traces de Mona (17 ans), Nina, bientôt 20 ans, et Lene (22 ans).
De l'avis des entraîneurs, la plus douée est Mona, à laquelle on prédit un avenir doré.
En Coupe du monde, Nina a obtenu jusqu'à présent les meilleurs résultats, avec une 5e place la saison dernière en slalom à Zagreb. En décembre, elle s'était classée 10e du slalom de La Molina, la station des Pyrénées espagnoles accueillant pour la première fois une étape du circuit majeur.
Reste à savoir maintenant si les sœurs Loeseth atteindront, dans leur domaine, la gloire des sœurs Brontë.
Les sœurs Leduc, membres d'une fratrie de 11 enfants tous skieurs originaire de Ventron (Vosges), entrèrent donc dans l'histoire de l'alpin dans la station californienne de Squaw Valley en 1960.
Thérèse termina 4e du slalom, Anne-Marie prenant la 17e place et Marguerite terminant au 19e rang.

