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Cinema- - News

La Berlinale donne un coup de projecteur sur la « malbouffe »

Un documentaire-choc sur la toute-puissance et les dangers de l'industrie agroalimentaire, un hymne poétique au mouvement « Slow Food », un plaidoyer pour le « bio » : plusieurs films présentés au Festival de cinéma de Berlin examinent le contenu de nos assiettes.
Deux ans après le film coup de poing Le marché de la faim (We Feed the World), où l'Autrichien Erwin Wagenhofer décryptait les mécanismes effrayants de la « malbouffe » mondialisée, le documentariste américain Robert Kenner livre à son tour, avec Food, inc., un éclairage plutôt dégoûtant sur la fabrication des aliments en vente dans nos supermarchés.
Le spectateur y découvre que les verts pâturages et les fermes pittoresques représentés sur les emballages dissimulent des usines géantes, où l'abattage des bêtes évoque les Temps modernes de Chaplin, où les poulets ne voient jamais la lumière du jour et où la viande hachée est lavée à l'ammoniac avant de finir en hamburgers.
« L'industrie ne veut pas que vous appreniez la vérité sur ce que vous mangez, parce que vous pourriez alors refuser de le faire », explique dans le documentaire le journaliste Eric Schlosser, auteur du livre à succès Fast Food Nation.
Qualifié de « film d'horreur » par le magazine spécialisé Variety, Food, inc., rythmé et très prenant, dénonce également le poids du lobby industriel agroalimentaire - qui infiltre les institutions américaines chargées de le contrôler.
Il décortique enfin la mainmise des producteurs de semences sur des pans entiers de l'agriculture - un thème qu'a également abordé récemment la journaliste française Marie-Monique Robin dans Le monde selon Monsanto.
Très applaudi à Berlin, où il a fait salle comble à chaque projection, le film de Robert Kenner se concentre sur l'industrie américaine, « mais sur de nombreux plans, il évoque ce qui se passe dans le monde entier », a assuré le réalisateur.
Au final, observe M. Kenner, le consommateur a toujours le choix, en ciblant ses achats, de cautionner ou non les dérives du système. « Nous devons voter avec notre fourchette, trois fois par jour. »
Dans un registre moins effrayant et plus contemplatif, le cinéaste italien Ermanno Olmi, 77 ans, s'est penché sur les adeptes du « Slow Food », un mouvement né dans son pays, qui prône le plaisir du bien-manger, défend la dignité des agriculteurs et privilégie la consommation de produits locaux.
Dans Terra Madre, présenté en première mondiale à Berlin, l'auteur de L'Arbre aux sabots (Palme d'or à Cannes en 1978) a longuement filmé les débats du dernier congrès mondial de ce mouvement, qui a rassemblé plus de 6 000 agriculteurs ou militants du monde entier à Turin en octobre 2008.
Son film, aussi lent que le « Slow  Food » peut l'être, s'attarde sur les visages des militants boliviens ou des petits paysans indiens, ou scrute en très gros plan les mains ridées d'un vieux jardinier italien cultivant ses aubergines. Son parti pris esthétisant n'a pas fait consensus et la salle s'est en partie vidée lors de la projection de presse.
Enfin, le festival découvrira Nos enfants nous accuseront, un réquisitoire du Français Jean-Paul Jaud contre les pesticides, doublé d'un plaidoyer pour l'alimentation « bio ». L'auteur s'est lancé dans ce projet - sorti en salle en France en novembre - parce qu'il a lui-même souffert d'un cancer, une maladie qu'il attribue aux produits chimiques contenus dans les aliments.

Arnaud BOUVIER (AFP)
Un documentaire-choc sur la toute-puissance et les dangers de l'industrie agroalimentaire, un hymne poétique au mouvement « Slow Food », un plaidoyer pour le « bio » : plusieurs films présentés au Festival de cinéma de Berlin examinent le contenu de nos assiettes.Deux ans après le film coup de poing Le marché de la faim (We Feed the World), où l'Autrichien Erwin Wagenhofer décryptait les mécanismes effrayants de la « malbouffe » mondialisée, le documentariste américain Robert Kenner livre à son tour, avec Food, inc., un éclairage plutôt dégoûtant sur la fabrication des aliments en vente dans nos supermarchés.Le spectateur y découvre que les verts...
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